Les pépites numériques

L’une des choses les plus intéressantes en Afrique francophone c’est cette flopée de gens au potentiel incroyable, qui font des choses magnifiques, dont on ne parle jamais. Bon c’est vrai qu’il y a aussi des gens qui disent et font des choses complètement inutiles dont on parle beaucoup trop mais il fallait une entrée en matière pertinente.

Bref. Quand j’aime quelque chose, il faut que je partage, et le but de ce billet est de vous faire partager quelques une de ces plumes qui me rendent fier de mon pays, de ma nation, de mon Afrique à moi. Je vais donc vous proposer ici quelques découvertes numériques, trois pour être exact. Je vous en avais déjà proposé une première série ici, et aujourd’hui on revient avec un regard sur le coté visuel du blog. Bien sûr ça peut paraitre curieux pour certains mais le fait d’avoir un logo, un thème, des supers graphs de la mort qui tue, ça peut être hyper important pour un environnement numérique.

Wabidiboo, c’est la chronique d’Ad, et plutôt que d’essayer d’expliquer des concepts que je ne maîtrise absolument pas, nous allons voir ici trois brûleries graphiques, trois espaces que nous pouvons considérer comme… La totale dinguerie de l’espace numérique. Vous pourrez les copier vous en inspirer autant que vous voulez. Prêts? Let’s go.

*Jingle: « Look where we are » Hoobastank*

1. La Belle et le blog

Logo_Bess.png

Flore Ebessa est une jeune africaine vivant en allemagne. Soucieuse de garder ce lien indélébile toujours plus ardent qui la rattache à son continent, Elle veut se rapprocher des siens en partageant avec eux le fruit de ses (re) découvertes sur l’Afrique…Bienvenue sur http://www.bessdiscoveries.org !!!

 

Si j’avais fait sémiotique j’aurais supposé qu’avoir son visage sur sa bannière doit dénoter (ou connoter je sais plus) un certain narcissisme de la part de l’auteure et le nombre de photos de cette dernière sur son espace ne démentirait pas mon propos. Cependant lorsqu’on apprend quel est le métier de Bess on comprend mieux les raisons de ce choix. Et nous sommes séduits surtout. Pour le choix des couleurs on n’a pas pris de risques, du noir et du blanc, mais ce n’est pas là que je souhaite vous emmener.

Remarquez que la demoiselle est en .org et surtout elle s’est payé le luxe d’un webdesigner en la personne de Thierry Ken dont vous pouvez voir les autres travaux sur sa page facebook en lien ici. Ce que j’aime le plus dans ces visuels c’est l’harmonie dans la présentation des œuvres et surtout la qualité des photos, surtout que la demoiselle est quand même méchamment jolie fort agréable à regarder. Vous pouvez donc admirer ses découvertes, ses lectures et quelques unes de ses aventures en cliquant sur l’image ou sur ce lien, et sinon vous pouvez continuer sur le prochain blog, un chouya plus… Exotique je dirai.

2. Handsome et Greater

Pour toute demande, suggestion ou recommandation, veuillez nous contacter à l’adresse : blacksquare.mag@gmail.com

Lorsque vous tomberez sur ce site pour la première fois vous vous demanderez si vous êtes toujours au même endroit. Est-ce un avion? Est-ce un oiseau? Non mon ami. C’est Kunta Kinté qui se relève, qui fait un doigt d’honneur au colon, et qui lui dit d’aller se faire bronzer aux îles Fidji. On peut décrier les facilités de la charte graphique (Noir et blanc une fois de plus) mais vraiment c’est la seule chose que je peux reprocher à… Non. Pas vraiment, on peut leur reprocher un paquet de trucs, mais l’effet positif est trop violent pour faire comme si ces détails étaient graves.

Le concept de leur univers est la mise en avant de la créativité africaine, et c’est peut-être là que se trouve le plus bel effet dans leurs visuels, ‘fin c’est mon avis. Les articles seront tellement hétéroclites qu’on restera longtemps impressionné par la qualité visuelle avant de faire attention au contenu. Maintenant je ne traite pas ici du contenu mais seulement du contenant, je ne ferai donc aucune référence à leurs articles.

Bon une seule référence alors. Ce billet concernant un artiste anglais qui représente les rappeurs contemporains dans l’univers Ninja du manga Naruto de l’auteur Masashi Kishimoto. Oui vous avez bien lu. Et si vous ne savez pas  ce que peut donner Kendrick Lamar habillé en Shinobi du village de la foudre, cliquez ici.

Ce qui est sûr c’est que la fierté est au rendez-vous et lorsqu’on voit les titres des articles, on se rend compte du potentiel de l’imagination des promoteurs, et surtout des artistes et des créations que ces derniers souhaitent mettre en avant. En effet, ici, aucune mention de leur nom nulle part, le professionnalisme est voulu et appliqué, et vous pourrez justement m’opposer qu’ainsi ôtée la personnalité des auteurs, on ne peut légitimement considérer cet espace comme un blog. Ça tombe bien, ce n’en est pas un. C’est une communauté. Et pour en savoir plus, vous connaissez leur adresse. Sinon, allons vers notre troisième invitée:

3. La brune au blog méditant

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Hier je me disais que je suis un homme trop gentil, Je pense que j’ai du manger trop de carottes. Tiens. En parlant de carottes. Parlons un peu de philosophie. Aucun rapport Je sais. Quoique.

Il y a ce restaurant luxembourgeois, au 16 rue des bains, qui propose un délicieux jus de pomme/carotte/orange, appelé le jus « René Descartes ». Ce même René fut l’auteur d’une oeuvre philosophique majeure extrêmement ennuyeuse, appelée « Les Méditations Métaphysiques »; cette oeuvre traite du dualisme entre la pensée et le corps, et on peut supposer que Descartes aurait été blogueur s’il avait vécu à notre époque. Où est le rapport? Attendez, ça vient.

Marie-Simone (ou Maysi pour les fans) a choisi de nommer son espace « LesMaysitations » et peut-être que ça n’a aucun lien avec l’oeuvre de Descartes, toujours est-il que son blog est un blog au sens strict du terme, et qu’elle écrit sur le lifestyle, terme anglophone qui se traduit en français par « Elle écrit sur tout ce qui lui passe par la tête ».

Bien qu’elle évolue sous Blogger (by Google) qui est totalement gratuit, visuellement, je n’ai pas vu beaucoup d’espaces numériques qui soient plus charmants que le sien compte tenu du nombre de couleurs et de thèmes réduits qu’offrent les hébergeurs gratuits. Surtout que Blogger offre même moins de thèmes que WordPress.

L’espace est personnel, à vocation purement ludique *à priori* et tout ici prouve qu’on peut, avec des moyens simples obtenir un rendu potable voire très agréable, ce qui sera une réponse à ceux-là qui pensent qu’il faut nécessairement payer pour avoir un résultat de qualité.

Voilà donc la première fournée des petites pépites numériques, et je vous invite une nouvelle fois à faire un tour sur les espaces que je vous ai présentés, et pourquoi pas leur laisser des commentaires. Ce qui est sûr c’est que vous ne serez visuellement pas déçus. Quant au contenu, vous savez ce qu’on dit… Non? Vous ne savez pas? Alors allez demander à Bess, à Black Square, Ou à Maysi.

L’espace de présentation de Flore alias Bess;

Le site internet de la communauté créative black square;

Le blog personnel de Marie-Simone;

Un autre article de la chronique d’Ad;

C’était la chronique d’Ad, et il me faut un nouveau logo, c’est frustrant tout çà.

Etes-vous vivants?

Au moment où j’écris ce billet donc on y est encore. 2014. Je peux fêter, boire, danser, prier, m’amuser jusqu’à satiété en attendant le moment où les cloches, les feux d’artifices et les vibrations de mon smartphone *oui, j’ai un smartphone* retentiront au loin ou tout près, annonçant la fin d’une rotation de la Terre autour de son astre porteur.

Oh joie.

Vous tolèrerez ce sarcasme, car je dois l’avouer, bien que j’appartienne plutôt à la classe des boute-en-train qui se lèvent en premier aux fêtes, je ne suis pas un grand fan des célébrations, au contraire. Mon kiffomètre pointe le ciel si j’ai *par ordre croissant de priorité* deux trois amis, un peu de musique et Jésus avec moi, imaginez donc mon ennui lors de ces grands moments entre potes, en famille, entre amoureux…

Parlons de la mort si vous voulez bien. Ce n’est pas un effet de texte, je suis très sérieux. Je ne me rappelle pas avoir passé une fin d’année parfaite dans ma vie, mais par contre j’ai toujours des souvenirs de deuils, d’enterrements de pertes à cette période. Cet article aura donc pour but de raconter la mort, de la disséquer, et surtout, comme d’habitude, de chercher les détails les plus pertinents, les plus poignants concernant l’expression du décès dans les cultures, dans la vie. En d’autres termes je vais baragouiner sur un sujet dont personne ne veut parler, et si ça vous gêne vous avez deux solutions : sauter et caler en l’air, ou partir frapper Guillaume, qui m’a ordonné ce thème morbide c’est le cas de le dire juste la veille du nouvel an, si c’est pas du sadisme çà… Bref. Ne t’endors pas lecteur, on en a pour 1000 mots et des poussières.

  smiley souriant

La mort, la maladie.

Les accidents ou les assassinats sont des cas de décès assez fortuits, qui nécessitent une approche et un vécu personnels dont votre [pas si] humble serviteur ne dispose pas. Nous nous limiterons donc aux cas les plus fréquents et malheureusement les plus douloureux, ceux où le décédé meurt lentement. Hépatite, Ebola, Paludisme, Sida, qu’importe, le processus est souvent le même, ça commence par la négligence. Un petit mal de crâne, une petite douleur dans le bas du dos, ou une petite hausse de température. Rien de grave n’est-ce pas ? Mademoiselle monsieur madame, vous êtes décédé(é), bam, fin de l’histoire. Vous ne le savez pas encore et vos proches non plus, mais vous n’êtes déjà plus le personnage principal de l’histoire, rien de plus qu’un souvenir dont on parlera dans les saisons suivantes, comme le dernier épisode de la saison 1.

smiley très souriant
Ca va bien hein? Il va aller mieux hein? Hein?

La mort, les soins.

Ici se trouvent les plus belles expressions de l’inégalité humaine. Si vous êtes pauvre pas besoin de passer par cette étape, ce sera fini et vous n’aurez rien de plus pertinent à faire que prier seul ou accompagné dans votre sépulcre psychologique, et attendre la faucheuse ou le Léviathan ou je ne sais quelle autre allégorie religieuse. Si vous avez les moyens ou une bonne assurance, vous êtes mort quand même, mais avec un confort plus accru, quoique : les gens oublient souvent cet aspect de la mort mais une fois entré dans une chambre d’hôpital c’est souvent la dernière fois que l’on voit la lumière du jour…

NB : Si vous êtes dans un hôpital au moment où vous lisez cet article Je suis fort désolé pour vous mais tout n’est pas perdu, donnez votre vie à Dieu, puisque de toutes manières là où cous allez franchement…

Sinon si vous êtes toujours sur vos jambes commencez à investir dans une bonne mutuelle santé, vaut mieux dépenser son argent quand on est vivant que quand on est mort. Pensez aussi à votre testament et à faire beaucoup de photos, surtout si vous êtes du genre infidèle. Oui parce que si vous vous dites « j’ai le temps », vous aurez commencé à manger les pissenlits par la racine avant d’avoir eu le temps dire « chérie je dois t’avou… ».

Ca ira pas mieux? On peut quand même faire quelque chose non?
Ca ira pas mieux? On peut quand même faire quelque chose non?

La mort, la maladie, 2ème partie.

Mal de crâne assassin, douleur insoutenable, fièvre incessante, vomissements paralysie, perte d’appétit, psychose, hallucinations même. La mort n’est pas paisible. Vous avez regardé beaucoup de films dans lesquels le décédé faisait un sourire avant de s’en aller ? Ce sont des illusions, un malade ne sourit pas. Vous avez déjà eu envie de vomir ? Oui évidemment. Vous imaginez vomir chaque heure ? Avoir faim et être incapable de maintenir dans votre estomac ne serait-ce que de l’eau ? Oui ? Gardez cette image à l’esprit, c’est presque çà la mort. La mort n’est pas douce. Elle n’est pas acceptable, elle n’est pas politiquement correcte. C’est la première cause de dépression dans le monde vous savez, juste avant le divorce. Vous voyez partir sous vos yeux, peu à peu, une personne que vous aimez, et qui n’est déjà plus elle-même.

Si vous avez de la chance, ça peut être bref. En une semaine elle passe de vie à trépas sans rester trop longtemps par la case agonie et voilà vous n’avez plus qu’à regretter de ne pas avoir fait plus de photos style « selfie with my …». Dans le pire des cas ça dure des mois, voire des années, et vous en arriverez même à souhaiter qu’elle s’en aille au plus vite, car petit 1- le coup du comateux qui se réveille après que tu aies passé la chanson de votre premier baiser, c’est un ramassis de conneries pas crédible ; et petit 2- ça t’arrache la peau des fesses tout çà… les médicaments, les perfusions, les soins des infirmiers c’est pas donné, et à dire vrai payer des sommes astronomiques pour un futur macchabée ça n’enchante pas tout le monde.

[ Si tu ne dépenses pas pour tes proches attends-toi au retour de flammes, la roue tourne]

smiley triste
Maman, pourquoi papa il répond pas quand je l’appelle?

La mort, la fin.

Phase terminale. Deux mots, si lourds de sens, porteurs de souffrances extrêmes, et pourtant si insignifiants. Ce sont des mots que l’on prononce lorsque la guillotine est encore loin dans l’esprit de leur utilisateur, à moins qu’il soit doté d’un réalisme DrHousien. La mort c’est la mort, il n’y a pas de mots pour la décrire. On commence une phrase puis on pleure, et c’est à ce stade là que les regrets commencent à pointer leur nez, et les escrocs aussi. Des questions sans réponses, des hypothèses, et des escrocs, oui. Il y existe des charlatans dont les revenus proviennent de la mort des autres, en gros tous ceux qui apparaissent à la fin de la phrase « je connais quelqu’un qui… ». Et ne croyez pas que ça concerne seulement les africains, les occidentaux, les orientaux sont tout autant friands des solutions « alternatives », c’est juste une question de vocabulaire. Alah mimbou chez les uns, voyant, guérisseur, wicca chez les autres. Il faut bien tout essayer non ?

Avant de conclure, quelques conseils pratiques : les documents se signent difficilement une fois que la rigidité cadavérique s’est installée, faites signer tant qu’il est conscient. N’oubliez pas, votre manière de vous occuper de vos gens est une ébauche de la manière dont vos gens s’occuperont de vous, que ça vous plaise ou non. Ne vous disputez pas, ça n’ajoutera rien à la vie déjà précaire du malade dont vous prenez soin. La mort est une priorité, et si vous faites passer votre travail ou autre chose avant elle, elle vous le rappellera.

De toutes manières c’est fini, vous êtes mort, la mort ne prévient pas.

La mort, le silence.

La mort, les cris.

La mort, les larmes,

La mort, la colère.

La mort, l’incompréhension.

La mort, le souvenir.

La mort ; le sourire.

La mort, la peine.

La mort, le chagrin.

La mort, les regrets.

La mort, le reste.

Fin.

Souriez, C’était la #Chronique_dAD.

#Wabidiboo

Ce que vous avez oublié quand vous prépariez la rentrée

Les banquiers proposant des crédits se frottent les mains, les parents battent des records d’assiduité dans les tontines, les maisons sentent  bon le neuf ou le poteau de revente de livre. Continuer la lecture de Ce que vous avez oublié quand vous prépariez la rentrée