Le retour du Nokia 3310 est-il pensé pour l’Afrique?

Image Nokia 3310 version 2017

Nous avons tous passé des heures entières devant Snake niveau 9, nous avons tous crié de surprise lorsque ce téléphone bleu métallisé tombait de trois étages, sans aucune séquelle. Le Nokia 3310 est revenu. Peut-être même qu’il est revenu pour nous.

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Où est l’Afrique dans le monde?

Si vous aussi vous avez remarqué que très souvent, lorsqu’on parle du continent africain, ça manque un peu d’objectivité, de pertinence, de logique, de cohérence. Si vous aussi, vous avez commencé à vous poser des petites questions sur votre image en tant qu’africains. Si vous aussi, vous vous demandez si vous appartenez vraiment à cet univers.

Tentative de description d’un continent oublié.

Avant, l’Afrique c’était ça:

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Carte « Mercator » de l’Afrique; Afrikhepri.org

Vous vous dites certainement que c’est une carte comme une autre, sauf que pas tout à fait. Les proportions « réelles » des continents ne sont pas respectées, ainsi le Groenland parait avoir la même taille que l’Afrique toute entière alors qu’en fait, elle est 15 fois plus grosses. Certains y ont vu une « manipulation occidentale » mais je préfère considérer cela comme se ce que c’est, une grossière et pitoyable erreur. Un article de Slate  fut récemment publié en 2014 relayant l’image d’un journaliste BBC qui montrait une carte un peu plus cohérente. Celle ci a circulé sur certains réseaux sociaux et fait beaucoup de bruits:

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carte Afrique, BBC

Selon  Slate, le premier à avoir fait la remarque est n camerounais, Jean Paul Pougala via son livre et son blog, ce qui rappelle la nécessité de créer plus de contenu. En outre je passe outre les déboires esclavagistes et coloniales pour que nous arrivions directement aux XXèmes et XXIèmes siècles, où la manière de voir l’Afrique a dû changer avec les guerres, les indépendances.

1.Entre Tiers-Monde et Monde à Part

Vous avez déjà cherché à courtiser une personne ? Oui ? Alors vous verrez facilement le parallèle avec les discours des chefs d’états étrangers arrivant en Afrique il y a dix ans. Beaucoup de ressources, beaucoup d’avantages, une situation privilégiée de berceau de l’humanité, et cetera, disaient-ils, avant de prêter, vendre, acheter les matières premières. Il y a cinquante ans, nous étions le « tiers-monde », cet amalgame épars de nations n’étant ni à gauche, ni à droite du mur de Berlin. Aujourd’hui, l’Afrique est, selon Wikipedia, un « continent couvrant 6% de la surface de la Terre ». Tant de choses à dire n’est-ce pas. Analysons tout ça :

-Yes, We Can.

Vous remarquerez que je n’ai pas dit « piller » lorsque je parlais de ce que les « puissances occidentales » ont fait à l’Afrique, la belle Afrique. Tout simplement parce que s’il y a consentement ce n’est pas du vol, à la limite de l’abus de confiance. Il y a vingt, puis dix ans, nous subissions, sans avoir d’avis, sans avoir les moyens de réponse, les assauts répétés du méchant blanc. Le méchant blanc. Toujours.

Sauf qu’on n’est plus il y a dix ans. Obama est devenu président, Khadafi est mort, la Chine a produit des iPhones et l’Europe est tombée en faillite.  l’hiver est passé, et il a frappé le « Nord » avec une violence rare, ayant pour effet de changer les points de vue. Par exemple, voici quelques éléments qui vont vous faire voir l’importance croissante de la peau noire dans le monde: Afroptimisme, Nappy, Black Lives Matter, mouvements afrocentrés  d’ampleurs internationales et grandissantes ces dernières années. Je pouvais aussi ajouter l’effet que font Serena, Simone et Usain, mais ce ne serait vraiment pas juste. Malheureusement, c’est la partie fun de l’Iceberg.

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Noirs, optimistes, beaux, africains. Ou presque.

-Encore… Encore.

Aujourd’hui, le discours international est plus optimiste quand il s’agit de parler du continent africain, le pays de tous les possibles. Ceci dit on y sent une certaine réserve : l’Afrique est « en pleine croissance, même si la classe moyenne africaine peine ENCORE à émerger ».

En fait ici, je souhaite insister sur « Encore ». C’est un mot que vous lirez souvent lorsqu’on parle d’évolution ou de progrès en Afrique, quel que soit le domaine. Ca vous paraitra anodin comme cela mais ces discours sont très infantilisants. Dans le domaine des innovations, la structure des articles est systématique :

« L’Afrique a enfin son premier jeu vidéo, même si celui-ci est encore en 2D ».

« L’Afrique a enfin atteint 70% de croissance d’abonnés mobiles depuis 2010, même si on utilise encore la 2G, même si l’Afrique demeure sous la barre des 30% de populations connectées… »

« Super, les africains vont enfin en vacances, même si beaucoup de pays  d’Afrique subsaharienne comptent toujours sur les touristes« 

Cette attitude des médias, étrangers comme régionaux est symptomatique d’une société qui voue un culte à la puérilité. Je m’explique.

Une société qui préfèrera parler de croissance plutôt que de Chiffre d’affaire est une société qui cache quelque chose. Curieusement, le PIB global de l’Afrique, on n’en parle  pas trop, c’est pas FengShui. C’est pas Glamour. Quand on ne méprise, on néglige. On oublie. Comme certaines demoiselles qui viennent en vacance pour « aider l’Afrique » et surtout publier de jolies images à coté d’un mignon petit noir, avec Htag #SaveAfrica sur Instagram. Comme Twitter qui n’a aucune représentation dans aucun pays d’Afrique. Parfois ça peut même aller jusqu’à cette pub chinoise particulièrement raciste polémique. Dans le cas de l’Asie, ce n’est même pas si grave. Un article sur « les noirs dans les mangas » expliquait pourquoi c’est assez complexe de parler de racisme de la part des asiatiques.

L’Afrique est vue comme un enfant qui va bientôt grandir, mais qui n’est pas encore… Complet. Comme si il nous manquait quelque chose. Attendez que je m’explique autrement :

L’Ouganda est, selon le « Global EntrepreneurShip Monitor » le premier pays ou l’on compte le plus d’entrepreneurs. Les Etats-Unis subsistent à la 41ème place, pendant que La France est tellement loin qu’on ne la voit même plus. Supposons que cette étude soit juste, ce qui n’est déjà pas certain. Croyez moi, ce n’est pas parce qu’un gars vous fait un joli graphique qu’il dit la vérité, mais supposons : Est-ce que vous lirez un jour que la France n’est « pas encore un pays avec beaucoup d’entrepreneurs » ? Ou bien que l’Allemagne, assez mal placée dans le classement, « peine encore à offrir un climat entrepreneurial fiable à ses ressortissants » ? Non, non.

Et vous ne lirez pas non plus un article disant que le Cameroun, 4ème sur la liste, offre une coopération bilatérale avec le Canada pour booster les opportunités d’affaires de ce dernier état. Au contraire, on se retrouve assez souvent avec un continent endetté à 97%, l’Europe, encore en crise à l’heure actuelle, qui s’invite dans des pays africains pour leur donner des conseils sur la gestion financière. Paradoxe.

Attention, je ne dis pas que l’Afrique n’a de conseils à ne recevoir de personne. Les dernières élections au Gabon nous ont prouvé que nous avons de gros soucis à régler quant à notre comportement, quant à nos valeurs. Le fait est que nous laissons d’autres nous dire quel est notre problème. Nous laissons d’autres nous définir, nous identifier.

  1. L’Afrique, noire, subsaharienne, petite.

L’image que nous africains avons de nous-mêmes ressemble beaucoup à ce que vous obtiendrez lorsque vous tapez « femme travail Afrique » sur Google.  Cet article peut vous montrer quelques screenshots. Vous verrez si ça ressemble à ce que vous considérez comme une femme au travail en Afrique. Vous me direz si vous, tous les jours, vous voyez les images qui apparaitront. Befoune l’a bien exprimé ici, le disrupteur l’a bien exposé . Petit bémol pour l’article du disrupteur, le propos est un peu choquant. Maintenant ce sont des constats, il n’y a pas beaucoup de propositions de solutions derrière sinon de continuer le travail de rédaction de contenus non biaisés, ce qui se fait de plus en plus. Il faudra aussi, surtout, éviter le schéma suprémaciste qui ne mènerait qu’à reproduire les erreurs du passé.

Dans tous les cas, c’est assez triste de se rendre compte que nous n’arrivons pas encore en tant qu’Africains à… Vous voyez ? « Encore ». Ce mot, toujours, partout.

C’est irritant, très irritant.

C’était la chronique d’Ad.

Marathon Blog: Paul Emmanuel, le Pro sans défauts

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Wabidiboo, c’est la chronique d’Ad et nous au deuxième jour d’un marathon que je vous propose pour en savoir plus sur certains blogueurs que vous avez [ou pas] l’habitude de lire. Aujourd’hui, nous voyons Paul Emmanuel, le professionnel Inbound Marketing. Vous le connaissez peut-être déjà mais soyez sûrs que je vous ai préparé de petites infos croustillantes sur lui pour vous assurer de passer un bon moment.

Paul Emmanuel est un génie. Du genre de ceux dont on parle dans les films là. Une fois tous les dix ans vous voyez. Bien qu’il travaille dans le domaine de la rédaction web depuis plusieurs années, il ne s’est définitivement lancé dans le blogging à son propre compte qu’il y a peu de temps, avec sa plateforme ATPEN.Jimdo.com et vraiment si vous êtes impliqués ne serait-ce qu’un peu dans le domaine blog en Afrique, au Cameroun, même ailleurs, vous avez le devoir moral de vous y rendre et de vous abonner.

Réaliste, travailleur, présent, il anime sa communauté avec un professionnalisme qui me laisse souvent rongé par la culpabilité quand je pense à toutes les erreurs que je fais souvent dans le domaine. Sur ce sujet justement. Aucune erreur. Je n’ai pas comptabilisé, jusqu’à l’heure où je vous parle, la moindre faute d’orthographe sur son blog, alors que le français n’est pas la langue la plus simple qui soit. Bref ce monsieur est impressionnant, même si je lui trouverai quand même quelques défauts. Pas qu’il en est vraiment, mais je suis Sawa. C’est une peuplade bantoue réputée pour son incroyable capacité à critiquer l’incritiquable. Et j’assume. Ne me jugez pas.

Paul Emmanuel est indubitablement compétent, mais incroyable énervant avec sa tendance à lancer ses propos comme des « paroles d’Evangile », même lorsqu’il y a des chances qu’il ait tort. En même temps c’est vrai qu’il n’a pas souvent tort. Mais cette attitude a pour conséquence de souvent susciter des débats houleux sous ses articles, ce qui n’aide pas forcément à la compréhension des messages qu’il cherche à faire passer. En plus, contrairement à Arthur dont je vous ai parlé au dernier épisode, je trouve qu’il manque un peu d’humilité, même si ils ont tous les deux une bonne dose de réalisme dans leurs propos.  Non. Pour être exact je dirai que Paul Emmanuel Ndjeng manque TERRIBLEMENT d’humilité. Voilà j’ai dit. Traitez moi de jaloux ce n’est pas mon problème.

Vous pouvez voir Paul Emmanuel sur son blog ici, et ne vous inquiétez pas, comme Arthur, il sera à la prochaine édition du Camer Social Media MeetUp, ce samedi à 15 heures à ActivSpaces. En attendant, consommez bien ses articles J.

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PS : C’est en copiant sur sa « semaine Inbound » que l’idée d’un marathon blog m’est venue en commencant avec Arthur Himins, mais bon, faut pas avoir honte de copier le bon exemple !

C’était la chronique d’Ad, et demain nous verrons un anglophone charismatique atteint d’ADHD. Ce sera fun.

Facebook est votre ami, surtout si vous avez plus de quarante ans

Fluent, Un service de gestion d’acquisitions clients a délivré il y a peu de temps une étude sur l’utilisation du « Temps en ligne » chez les « millenials », vous savez, ce nom générique qu’on donne aux populations qui sont nées entre 1980 et 2000. 

Déjà le découpage des « Millenials » sera forcément en Afrique un peu différent. Cette tranche d’âge est censée représenter ceux qui ont « grandi » avec internet et je les mettrai plutôt entre 85 et 2005, pour rester dans la ligne de la pénétration du Web en Afrique. 

Pour faire simple, pour vérifier si vous appartenez à la tranche des millenials, vérifiez si vous avez connu Craig David, Lorie et l’école des champions. L’étude montre qu’un gros pourcentage passe près de 52% du temps connecté via leurs téléphones, pendant que les pré-millenials sont à un chiffre un peu plus bas. Quant aux post-millenials, les chiffres sont sans valeur en Afrique vu que les parents ne leurs donnent pas de téléphones. 

Un môme de 13 ans ne devrait même pas avoir de compte facebook. Malchance.

À ce sujet, on remarque les pré-millenials américains passent beaucoup plus de temps sur le réseau bleu que meurs cadets, même si 41% de ces derniers checkent leurs notifs au moins une fois par jour. Du côté des pré-millenials, on est à 49%.

Vous pouvez avoir l’accès à l’article de AdWeek ici, et l’étude de Fluent là. 

Les côtés obscurs de la pop culture

IMG_20160406_123318L’émission « Couleurs Tropicales » sur RFI, de l’animateur Claudy Siar, une référence de la culture musicale afro et carribéenne. Devinez quel rappeur d’origine camerounaise et doté d’un nom de médicament fut l’invité de la dernière édition de cette émission? Ca sort comme…

Imaginez Pamela Anderson à Bagdad le jour du Ramadan avec sa tenue alerte a Malibu et une pancarte #JeSuisUnMouton. Vous voyez le délire? Non? Tant pis. C’était juste l’intro.

Tentative de description de la pop culture, et surtout de ses côtés obscurs. *Tan, tan, tan, taan tataan… Dark Vador’s Theme*

Cet article fait suite à une série que vous pouvez retrouver ici, donnant des tentatives de description de la culture. Ici, nous tenterons de déterminer quelques différences entre culture et pop culture, avant de parler un peu de leurs références.

À part la définition qui présente un minimum d’intérêt, les descriptions de la pop culture que j’ai lues m’ont parues limitées, biaisées, insatisfaisantes en somme.

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Selon Wikipédia, source d’information par excellence des sujets sans intérêts, « La culture populaire représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d’être produite et appréciée par le plus grand nombre »

La suite de cette définition place une orientation « populaire » de la culture, d’où l’expression « culture populaire », qui devient « pop culture ». Tout est plus cool dit en anglais :-), mais quelle est la liaison entre ces concepts si proches et pourtant si distants? Et surtout, quel est l’intérêt d’écrire un billet kilométrique dessus?

–>Culture,popculture, quéquecéquoi?

Devant l’absence d’études intéressantes sur le sujet, vous vous contenterez de mon avis, subjectif, partisan. Mais il y aura des blagues, ce sera plaisant.

Donc. La culture étant « l’élément de cohésion » d’un peuple dans le meilleur des mondes où il n’y a pas la canicule et les tueurs de bébés, la pop culture, culture du peuple, doit être l’élément d’identification de ce dernier sur le plan pratique. Sur le terrain quoi. Et autant la théorie est opposée à la pratique, autant la culture et la pop culture s’opposent, dans une guerre sans merci, dont le vainqueur occupera le coeur du peuple, voire même, de la nation.

Illustration:

Comment différencier culture et pop culture?

La technique que j’ai trouvée est assez simple: Quelle serait la différence entre une oeuvre d’art estampillée « culture » et un street art? La présence du ministre de la culture d’un côté, celle de la police de l’autre.

La culture touche un champ plus consensuel que sa con-soeur, au point qu’il y ait un budget dédié à celle-ci. La culture est une force, la pop culture est au pire un problème à traiter par la mairie ou le ministère de l’interieur, au mieux une pompe à fric à exploiter par des businessmen sans états d’âmes.

D’ailleurs. Dans le dernier épisode nous voyions que La culture s’apprend. C’est sa fin, sa nature et son objet. On apprend à un jeune Sawa, dès l’enfance, à faire le Ndolê. Culture. On apprend aux anglais que leur constitution se trouve dans leur coeur, culture. On apprend qu’il ne faut JAMAIS saluer un turc avec la main gauche. Culture. On observe que la dot chez les peuls atteint souvent des montants astronomiques, pop culture.

Pourquoi pop culture? Parce que le dernier point est une observation, peut-être même un préjugé. Ce n’est pas institutionnalisé, ce n’est écrit dans aucun manuel, et aucun prof sensé n’éduque *de manière officielle j’entends* ses élèves à payer trois bœufs, quatre hectares de terrain et huit cartons de l’homme qui marche pour avoir le droit de chanter #ParlezEncore à la mairie.

De là, on peut en finir avec la première problématique de cet article avant d’avancer, et répondre à la question « comment savoir si une oeuvre est culturelle ou pop culturelle »?

C’est simple, Pour savoir si une oeuvre, une attitude, sont culturelles ou pop culturelles, je me pose les  questions qui suivent:

1-Si c’est une œuvre.
Est-ce que le ministre de la culture peut venir et faire le coq devant cette oeuvre en vantant la fierté du pays »du parti/du président? Oui? L’oeuvre est culturelle. Htag Blick Mbassi, Cheik AD, Youssou n’dour, htag les africains sont trop forts allez dire.

2-Si c’est une attitude.
Est-ce qu’un chanteur/rappeur peut faire une chanson sur cette attitude et espérer faire des millions de vue en réduisant drastiquement le niveau de respect qu’on aura de son pays? Oui? C’est une attitude pop culturelle. Htag Trace Africa, ou l’apologie de la honte vidéographique.

Maintenant c’est bien beau de faire la différence entre la culture et la pop culture mais… En fait ça change quoi à nos vies tout çà ?

–>Pop culture, les côtés obscurs.

La pop culture étant le point de rencontre des cultures d’un lieu, elle m’est intéressante à étudier, surtout dans un environnement social aussi chaotique que le nôtre. parce que c’est elle qui définit les codes de la culture de demain, et c’est avec celle là qu’on forme les enfants que nous enverrons affronter la vie. Comme le rappelait un certain Hugues, il est donc important de décrypter son fonctionnement pour permettre de fonder une société paisible, dans laquelle cohabiteront les peuples. Dans l’harmonie, la paix, et la bonne humeur. Dans l’amouuuur aussi.

Lol.

Le fric. On fait çà pour le fric. La pop culture ça rapporte. On aurait dû commencer par là en fait. Dans la mode, dans le commerce, dans la musique, à la télévision, pour le tourisme, et tout récemment dans la politique *cc Jeunesse androïde*, les codes et éléments de la pop culture sont partout exploités, dans un seul but, faire des euros, des nairas, des yens ou des présidents.

Lorsqu’une publicité a été commandée, planifiée et surtout budgétisée, tous ces gentils décideurs autour de leurs tables ne se demandent pas comment faire rire le public avec leurs jolies images, ils cherchent à faire du chiffre. Et donc si le titre de la chanson X du moment se retrouve affiché dans tous les coins de rues, c’est pour un but, un seul. Des conversions. Faire de l’argent. Beaucoup d’argent.

Et donc celui qui comprend les codes pop culturels, il doit maîtriser les mêmes codes dont s’est inspiré l’artiste Doliprane, ou Flagyl, ou tout autre nom de médicament. *Hs: Il fallait bien que quelqu’un fasse cette blague un jour*.

Le pop connaisseur sera payé pour trouver la meilleure manière d’ exploiter les codes du nouveau tube « ALaQuintinie » du nouveau rappeur Atarax. Il aura pour mission de mettre en valeur le produit Y qui sera probablement si c’est en Afrique 1-Une bière, 2-Une marque de télécommunications 3-Un produit de beauté, ou les trois en même temps si on s’appelle Samuel Eto’o.

Le pop connaisseur paiera donc le rappeur Spasfon, ou l’invitera à un concert à ciel ouvert pour présenter son dernier tube #ALaQuintinie.

Si ça se passe bien, les ventes de Y augmentent, tout le monde est content, ‘fin sauf le rappeur Zentel. Il n’avait pas pensé à enregistrer sa chanson à la SOCACIM. Oups. L’entreprise de Y devient donc propriétaire de la phrase « AlaQuintinie », oriente une petite pub sur le thème, petite image, petit logo.

Ça c’est quand tout se passe bien. Quand tout se passe mal, le pop connaisseur ne prévoit pas que l’artiste tiendra des propos racistes en public, ou deviendra impopulaire, ou « has been ». Dans le pire des cas, l’artiste de la marque va chez le concurrent, ce qui est juste le plus mauvais coup de pub possible. Re- coucou Samuel Eto’o.

Voici, en gros, ce que la pop culture peut créer, et détruire. Il y aurait bien d’autres exemples à prendre, bien d’autres choses à dire, mais en parler serait risqué puisque je ne suis pas un expert du domaine, juste un consommateur passionné.

Là où je chute, c’est ici. Je n’ai écrit cet article que pour une raison, je n’ai pas trouvé beaucoup de publications sur le sujet, sous l’angle analytique. Parler de tel ou tel rappeur c’est bien, mais il y a tout un pan de la pop culture qu’il serait intéressant d’étudier sous un angle scientifique, et le besoin est certain. Ce sont ces côtés de la pop culture, ces côtés obscurs, que j’ai voulu énoncer ici.

Ce serait tout une science d’étudier le sujet, or il faut bien commencer quelque part. Au Nigeria, l’Etat et les célébrités s’en servent déjà joyeusement et ça a l’air d’aller assez loin comme l’exprime cet article d’Africa Report.

En Côte d’Ivoire, il y a cette très intéressante blogueuse camerounaise *Yeah* qui pourrait elle aussi à juste titre être considérée comme une référence, quoi qu’elle paraisse beaucoup plus orientée « Lifestyle » que « Culture pop ». Tout un autre sujet.

Enfin, de manière générale, vraiment je ne saurais citer de sources purement analytiques même si des approches subjectives *et passionnantes* sont amorcées par des plumes comme la biblio afro qui ne brûle pas

C’était la chronique d’Ad, et c’est juste impossible de parler pop culture sans parler de Samuel Eto’o au Cameroun.