Excuses publiques

Wabidiboo, c’est la chronique d’Ad, ça fait maintenant trois mois que je n’ai rien publié. Je vous dois, pour cela, indubitablement, des excuses, des explications et des promesses. Dans cet ordre. Mais ne vous inquiétez pas, le sujet va vous concerner si vous aussi vous avez des travaux sur le feu que vous laissez chômer.

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Où est l’Afrique dans le monde?

Si vous aussi vous avez remarqué que très souvent, lorsqu’on parle du continent africain, ça manque un peu d’objectivité, de pertinence, de logique, de cohérence. Si vous aussi, vous avez commencé à vous poser des petites questions sur votre image en tant qu’africains. Si vous aussi, vous vous demandez si vous appartenez vraiment à cet univers.

Tentative de description d’un continent oublié.

Avant, l’Afrique c’était ça:

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Carte « Mercator » de l’Afrique; Afrikhepri.org

Vous vous dites certainement que c’est une carte comme une autre, sauf que pas tout à fait. Les proportions « réelles » des continents ne sont pas respectées, ainsi le Groenland parait avoir la même taille que l’Afrique toute entière alors qu’en fait, elle est 15 fois plus grosses. Certains y ont vu une « manipulation occidentale » mais je préfère considérer cela comme se ce que c’est, une grossière et pitoyable erreur. Un article de Slate  fut récemment publié en 2014 relayant l’image d’un journaliste BBC qui montrait une carte un peu plus cohérente. Celle ci a circulé sur certains réseaux sociaux et fait beaucoup de bruits:

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carte Afrique, BBC

Selon  Slate, le premier à avoir fait la remarque est n camerounais, Jean Paul Pougala via son livre et son blog, ce qui rappelle la nécessité de créer plus de contenu. En outre je passe outre les déboires esclavagistes et coloniales pour que nous arrivions directement aux XXèmes et XXIèmes siècles, où la manière de voir l’Afrique a dû changer avec les guerres, les indépendances.

1.Entre Tiers-Monde et Monde à Part

Vous avez déjà cherché à courtiser une personne ? Oui ? Alors vous verrez facilement le parallèle avec les discours des chefs d’états étrangers arrivant en Afrique il y a dix ans. Beaucoup de ressources, beaucoup d’avantages, une situation privilégiée de berceau de l’humanité, et cetera, disaient-ils, avant de prêter, vendre, acheter les matières premières. Il y a cinquante ans, nous étions le « tiers-monde », cet amalgame épars de nations n’étant ni à gauche, ni à droite du mur de Berlin. Aujourd’hui, l’Afrique est, selon Wikipedia, un « continent couvrant 6% de la surface de la Terre ». Tant de choses à dire n’est-ce pas. Analysons tout ça :

-Yes, We Can.

Vous remarquerez que je n’ai pas dit « piller » lorsque je parlais de ce que les « puissances occidentales » ont fait à l’Afrique, la belle Afrique. Tout simplement parce que s’il y a consentement ce n’est pas du vol, à la limite de l’abus de confiance. Il y a vingt, puis dix ans, nous subissions, sans avoir d’avis, sans avoir les moyens de réponse, les assauts répétés du méchant blanc. Le méchant blanc. Toujours.

Sauf qu’on n’est plus il y a dix ans. Obama est devenu président, Khadafi est mort, la Chine a produit des iPhones et l’Europe est tombée en faillite.  l’hiver est passé, et il a frappé le « Nord » avec une violence rare, ayant pour effet de changer les points de vue. Par exemple, voici quelques éléments qui vont vous faire voir l’importance croissante de la peau noire dans le monde: Afroptimisme, Nappy, Black Lives Matter, mouvements afrocentrés  d’ampleurs internationales et grandissantes ces dernières années. Je pouvais aussi ajouter l’effet que font Serena, Simone et Usain, mais ce ne serait vraiment pas juste. Malheureusement, c’est la partie fun de l’Iceberg.

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Noirs, optimistes, beaux, africains. Ou presque.

-Encore… Encore.

Aujourd’hui, le discours international est plus optimiste quand il s’agit de parler du continent africain, le pays de tous les possibles. Ceci dit on y sent une certaine réserve : l’Afrique est « en pleine croissance, même si la classe moyenne africaine peine ENCORE à émerger ».

En fait ici, je souhaite insister sur « Encore ». C’est un mot que vous lirez souvent lorsqu’on parle d’évolution ou de progrès en Afrique, quel que soit le domaine. Ca vous paraitra anodin comme cela mais ces discours sont très infantilisants. Dans le domaine des innovations, la structure des articles est systématique :

« L’Afrique a enfin son premier jeu vidéo, même si celui-ci est encore en 2D ».

« L’Afrique a enfin atteint 70% de croissance d’abonnés mobiles depuis 2010, même si on utilise encore la 2G, même si l’Afrique demeure sous la barre des 30% de populations connectées… »

« Super, les africains vont enfin en vacances, même si beaucoup de pays  d’Afrique subsaharienne comptent toujours sur les touristes« 

Cette attitude des médias, étrangers comme régionaux est symptomatique d’une société qui voue un culte à la puérilité. Je m’explique.

Une société qui préfèrera parler de croissance plutôt que de Chiffre d’affaire est une société qui cache quelque chose. Curieusement, le PIB global de l’Afrique, on n’en parle  pas trop, c’est pas FengShui. C’est pas Glamour. Quand on ne méprise, on néglige. On oublie. Comme certaines demoiselles qui viennent en vacance pour « aider l’Afrique » et surtout publier de jolies images à coté d’un mignon petit noir, avec Htag #SaveAfrica sur Instagram. Comme Twitter qui n’a aucune représentation dans aucun pays d’Afrique. Parfois ça peut même aller jusqu’à cette pub chinoise particulièrement raciste polémique. Dans le cas de l’Asie, ce n’est même pas si grave. Un article sur « les noirs dans les mangas » expliquait pourquoi c’est assez complexe de parler de racisme de la part des asiatiques.

L’Afrique est vue comme un enfant qui va bientôt grandir, mais qui n’est pas encore… Complet. Comme si il nous manquait quelque chose. Attendez que je m’explique autrement :

L’Ouganda est, selon le « Global EntrepreneurShip Monitor » le premier pays ou l’on compte le plus d’entrepreneurs. Les Etats-Unis subsistent à la 41ème place, pendant que La France est tellement loin qu’on ne la voit même plus. Supposons que cette étude soit juste, ce qui n’est déjà pas certain. Croyez moi, ce n’est pas parce qu’un gars vous fait un joli graphique qu’il dit la vérité, mais supposons : Est-ce que vous lirez un jour que la France n’est « pas encore un pays avec beaucoup d’entrepreneurs » ? Ou bien que l’Allemagne, assez mal placée dans le classement, « peine encore à offrir un climat entrepreneurial fiable à ses ressortissants » ? Non, non.

Et vous ne lirez pas non plus un article disant que le Cameroun, 4ème sur la liste, offre une coopération bilatérale avec le Canada pour booster les opportunités d’affaires de ce dernier état. Au contraire, on se retrouve assez souvent avec un continent endetté à 97%, l’Europe, encore en crise à l’heure actuelle, qui s’invite dans des pays africains pour leur donner des conseils sur la gestion financière. Paradoxe.

Attention, je ne dis pas que l’Afrique n’a de conseils à ne recevoir de personne. Les dernières élections au Gabon nous ont prouvé que nous avons de gros soucis à régler quant à notre comportement, quant à nos valeurs. Le fait est que nous laissons d’autres nous dire quel est notre problème. Nous laissons d’autres nous définir, nous identifier.

  1. L’Afrique, noire, subsaharienne, petite.

L’image que nous africains avons de nous-mêmes ressemble beaucoup à ce que vous obtiendrez lorsque vous tapez « femme travail Afrique » sur Google.  Cet article peut vous montrer quelques screenshots. Vous verrez si ça ressemble à ce que vous considérez comme une femme au travail en Afrique. Vous me direz si vous, tous les jours, vous voyez les images qui apparaitront. Befoune l’a bien exprimé ici, le disrupteur l’a bien exposé . Petit bémol pour l’article du disrupteur, le propos est un peu choquant. Maintenant ce sont des constats, il n’y a pas beaucoup de propositions de solutions derrière sinon de continuer le travail de rédaction de contenus non biaisés, ce qui se fait de plus en plus. Il faudra aussi, surtout, éviter le schéma suprémaciste qui ne mènerait qu’à reproduire les erreurs du passé.

Dans tous les cas, c’est assez triste de se rendre compte que nous n’arrivons pas encore en tant qu’Africains à… Vous voyez ? « Encore ». Ce mot, toujours, partout.

C’est irritant, très irritant.

C’était la chronique d’Ad.

May 18 2016, 18:30

Elle dit: crérature infecte des tréfonds de la Terre, être du néant, apôtre de l’inexistencialisme. Semblable à un cloporte, ridiculissime microbe, raté d’entre les ratés. Tu n’es rien.

Prototype, aberration, tu vaux moins que les déjections d’un vers grippé dans une marre de boue. Ton odeur est un acide. Ton haleine est un poison. Ton ridicule est tel qu’on en rira encore après la fin du monde. 

Ta vie est un échec. Une erreur de la nature. Tu n’auras rien fait qui vaille ne serait-ce que le mépris. Dans ta trop triste existence, il n’y aura rien à retirer. Tu n’es pas digne du genre humain,  tu n’inspires que le dédain le plus pur. 

Elle dit encore: Idiot. Imbécile, tocard, chibagnard. Regarde moi un Choigne comme çà, chiencanard, avec ta tête comme le pain de 25 rassis et croqué par les souris.

Elle te dit tout çà.

Et toi tu attends, tu attends un instant silencieux. Tu prends ta respiration, tu souris, un peu mais pas trop. Tu réponds « Mouf », et tu égalises.

Tentative de description d’une joute oratoire.

« Tentative de description de l’imaginaire d’un asocial #1

Mon invité s’appelle Cheryl. C’est son vrai nom, et c’est un jeune homme plein d’avenir, qui dispose d’un super pouvoir rare. Pope, Brody, Underwood, Barratheon, comme Youssoupha dans mémento, il les connait tous.

J’ai un autre invité, Alex, qui connait d’autres noms. Akame, Eren, Sora, Shinji, et je préfère ces noms là, ces histoires là, bref, je préfère les mangas.

Yo.

Je préfère les animes, et j’aime tellement les animes que parfois quand j’essaye de comprendre des trucs il y a le soundtrack de « L », de DeathNote, savez le super son qui passe quand il réfléchit là qui me passe dans les oreilles.

A-Les B.O.

On peut pas faire çà avec une série télé. Le seul Openning qui mérite un peu d’attention c’est Celui de Game Of Thrones, et il me dégoûte de plus en plus, pour des raisons évidentes. Le pire c’est que Les plus beaux thèmes se trouvent toujours dans les pires séries, tiens comme ceux de Vampire Diaries. Les sons de Ryan Star et de Howie Day sont magnifiques, mais la série est tellement pourrie que même Cheryl ne l’a pas regardée.

Quand tu regardes Shingeki No Kyojin la B.O. Te bouffe tout autant que la claque visuelle que tu te prends tu sais. Après tu n’en sors plus, d’ailleurs je l’écoutais tout le temps. Mais à part les génériques de début, quelles sont les B.O. De séries qui puissent se garder quand on a fini les épisodes? Et ne me parlez pas de Glee ou de cast sinon je plante quelqu’un avec l’épée d’Akame.

B-Les univers

En effet, Les univers mangas sont bien plus riches sur le plan de la créativité. Les conditions de création sont un champs ouverts aux esprits libres, parfois même trop. En plus, et c’est probablement la plus importante raison pour laquelle j’ai définitivement du mal avec les sériés télévisées,  c’est que très peu de celles que j’ai regardées jusqu’à présent me permettent de m’identifier aux personnages, ou même à la trame.

Pour les raisons qui suivent:

1- Je ne suis pas un jeune adulte en mal d’affection dans une fac pourrie,

2- Je ne vis pas une histoire d’amour stéréotypée basée sur des rapports charnels et des émotions aussi fugaces qu’immatures,

3- je ne suis pas [Du tout] un cliché de la classe moyenne dont la vie ne se vit que dans le but d’assouvir des pulsions bestiales de toutes sortes,

4- Je ne suis pas une histoire d’erotic-fantasy, ou d’erotic-fiction, ou d’erotic-ce-que-vous-voulez,

5- Je ne suis pas un amputé social au charisme surfait inspiré par l’autodestruction *cc Patrick Jane-_-*,

6- Je ne suis pas limité au premier niveau de la pyramide de Maslow.

Ha. Et j’oubliais.

7- JE NE SUIS PAS BLANC

Voyez-vous, j’aurais pu limiter l’article à cette dernière partie et ça aurait débouché sur quelque chose de très intéressant, mais je me dis que le lien avec l’univers manga est nécessaire. Beaucoup de ceux qui ont mon âge, un peu plus ou un peu moins ont connu des univers allant de Beverly Hills à Friends, en même temps que d’autres ont vu des animés plus ou moins bien faits allant de Rahan aux excellentissimes cités d’or, en passant par Ulysse 31 et DBZ.

La vérité, c’est qu’en tant qu’africain, les héros auxquels je pouvais m’attacher dans l’univers des séries télévisées étaient et sont encore très rares, même lorsque je vérifie du côté des personnages noirs. Les seuls identifications possibles aux séries télévisées *américaines en particulier* consistent à débrider exponentiellement la sexualité ou le sens moral de ceux qui les regardent, et c’est de mon point de vue un vrai fléau pour la pudique société africaine.

Parce que si vous croyez que nos parents se baladaient dans la rue main dans la main en s’embrassant à tous les carrefours sans qu’il y ait eu de « Toquer La Porte »* avant vraiment, hum.

À contrario, l’univers manga n’étant pas attaché à un environnement facilement transposable à la réalité, j’y ai trouvé une masse incroyable de personnages dont je comprenais les difficultés, les doutes, les combats.

En plus, dans les mangas, Les questionnements sont bien plus profonds que dans toutes séries que j’ai regardées.

Prenons la question raciale. Dans quelle série populaire est-elle abordée? C’est à peine si on met le chinois de service quelque part dans le décor avec deux trois commentaires intelligents pour satisfaire le public asiatique. Sissi regardez bien, vous en verrez toujours un.

Prenons la question raciale dans les mangas maintenant. Déjà, il y a des animés très populaires dont la trame est basée dessus. Les cités d’or, le jumeaux du bout du monde, les mondes engloutis par exemple, avec le héro, Spartacus, noir, ce qui est juste une magnifique référence, traitent clairement du racisme. Mais on peut le voir aussi dans des animés généralistes comme Dragon ball z:

Pour les très rares qui l’oublient, c’est L’histoire d’un garçon non humain arrivé sur notre planète, né amnésique dans une terre étrangère, ayant été éduqué et y ayant fondé une famille, qui a oublié sa patrie et qui est confronté à un rappel de son histoire avec l’arrivée de son frère Radditz. Les questions que Goku se pose à ce moment de l’histoire de Toriyama, en quoi sont-elles différentes de celles du congolais né en France et qui ne sait même pas dire « Boténayo »*?

Bon. Je dis tout çà, mais objectivement on ne peut pas y changer grand chose, les séries restent encore plus populaires que les animés, qui sont encore une part très marginale de nos productions et de nos consommations, et ce n’est pas important de toutes manières, vu que ce n’est pas le sujet.

Laissez moi quand vous orienter vers ce magnifique article sur les noirs dans les mangas  qui n’a pas un gros rapport avec l’article mais qui pourrait vous apprendre des tas de choses sur le sujet, et même sur la production animée au Cameroun. En outre, j’ai envie de finir cet article avec ceci:

J’ai vraiment réussi à vous faire lire près de mille mots sur les dessins animés, sans aucune image. J’ai gagné mon pari.

26 February, 2016 16:55

« Tu es une personne pleine de bon sens, de bon coeur, de bonne humeur, et de sarcasmes. Je crains un peu pour ta curieuse tendance à l’autodestruction, mais je ne m’inquiète pas pour toi, quelqu’un te garde dans sa main.

Tu as vraiment morflé cette année, et c’est vrai que toi qui n’avais jamais connu la notion de « vie compliquée » *que ce soit dans tes côtes, dans ta chair ou dans ton coeur tout du moins* tu as dû tout vivre au même moment, et tu t’es peut-être même demandée si ce n’était pas çà le sens de la vie. Sourire en attendant les moments de souffrance, souffrir en attendant la mort.

Ce sont eux, ton cynisme, ton défaitisme et ton attitude blasée qui t’ont permis de prendre avec  recul toutes les choses qui t’arrivent, mais sache une chose. Ce n’est que le début. Tu verras pire, et ton âme connaitra des déceptions que tu n’oseras même pas imaginer. Tu pleureras comme jamais, et tu te découvriras des aptitudes au cri et à l’angoisse. Tu auras, sous tes yeux, des douleurs telles que tu n’auras nulle zone franche, nul espace de ton esprit, nulle forteresse émotionnelle où te réfugier.

Les zones les plus reculées de tes défenses psychiques, les bastions les mieux défendus de ces zones, et les défenses les plus efficaces de ces bastions seront les premières choses qui voleront en éclat, et tu en sortiras brisée, parce que c’est ce que fait la vie, elle nous brise. Tous, et toujours. Et si elle ne le fait pas, la mort *la nôtre comme celle de nos aimés* corrige l’erreur.

Tu vivras cela, c’est certain, parce que tu es un être humain. Mais parce que tu es toi, parce que tu as ce coeur, cette âme, tu vivras cela, et à la fin, tu vivras. Tu seras de ces légendes dont on place le mythe encore en dessous de la réalité, parce que l’humanité ne saura contenir l’existence éclatante qui sortira de ces expériences.

Tu connaîtrais la peine incarnée que tu en sortirais sourire aux lèvres, j’ai donc pleine confiance en ce que tu seras, et je suis fier de savoir que je serai là pour voir, et surtout raconter ton histoire. Ma seule espérance est que Dieu t’appelle et te garde, et pour çà ça ne dépend que de toi. Au delà, je prie, et je souris, à l’avance de notre rendez-vous dans ces cieux qui t’attendent.

Tu es une âme exceptionnelle. »

Lóbà lá na musèwá.