Arretez tout! Paola Audrey recommence à publier


Pour nous qui avions perdu tout espoir de voir autre chose que ses tweets pour le reste de nos vies, c’est une bonne nouvelle. Pour les autres, c’est encore mieux et voici pourquoi.

Wabidiboo c’est la Chronique d’Ad et d’habitude quand je prépare un billet sur une personne ça prend un certain temps pour rassembler les données biographiques, professionnelles et ensuite mettre en forme le tout. Ici ce sera facile, puisque Paola Audrey se raconte très bien toute seule comme le montre sa biographie systématiquement mise à jour.
Elle se présente d’ailleurs si bien que ce serait même un cas d’école pour un cours sur le personnal branding.

Sinon pour les rares personnes au fond de la salle qui ne connaissent pas de qui je parle, son pedigrée est trop long et surtout trop éclectique pour tout concentrer en une phrase. Si j’essayais, ça donnerait: « Paola Audrey,  la femme qui murmure à l’oreille de la pop culture ».

Pas assez explicite? C’est normal, la pop culture est un domaine de définition vachement large, nous y reviendrons un peu plus tard. Concernant la bio de notre invitée, ça commence par un magazine en ligne, Flashizblack, l’une des premières tentatives reussies d’entrepreneuriat numérique camerounais. Laura Eboa, Paola Audrey et l’insaisissable Patrick Privat font avancer leur bébé comme ils peuvent et quatre ans plus tard ils passent au format papier grâce à un crowdfunding. Ensuite vient un succès que je n’illustrerai qu’avec une info, l’âge de leur magazine, qui fêtera ses dix ans dans quelques mois, au beau milieu d’une décennie en pleine crise de la presse.

Ceci dit je ne souhaite pas parler de la fabuleuse histoire de Flashizblack, ni même vraiment de Paola Audrey. En effet, vous n’en saurez pas plus sur elle ici que dans les cinquante résultats Google qui font directement référence à elle pour son expertise en entrepreneuriat, marketing, mode ou musique.

Le mot clé à retenir ici, c’est « publier ». De manière générale le contenu numérique est déjà précieux, c’est quand même ce qui met Google Et Facebook dans le top 5 des capitalisations boursières du monde. En plus, s’il fallait encore le rappeler, le problème de contenu dont souffre l’Afrique francophone est critique. Cet article et celui-ci peuvent montrer à quel point la nécessité « d’écrire l’Afrique » est impérieuse et avec cette pensée à l’esprit, chaque producteur de contenu pertinent est une mine d’or à exploiter sans modération. Or, si le contenu c’est de l’or, Paola Audrey, c’est un Midas en puissance.

Les productions sont nombreuses, entre ses écrits ou ses apparitions dans quelques gros magazines du monde  (CNNLe Monde et bien d’autres), son passage dans la célèbre agence Voodoo. Pour ceux qui la suivent beaucoup on ne peut oublier ses multiples tweets (entre trois vingt par jours) et même, peu le savent, un bouquin, co-écrit avec Laura Eboa Songue, qui mériterait juste pour elle tout un article à part. Pour commander Global Africa, leur merveilleux hommage à la mode africaine c’est . Ceci dit, avant tout ça, bien avant. Il y avait le blog.

Paolaaudrey.com.

Avec aujourd’hui moins de dix articles par ans, quelqu’un souhaitant découvrir Paola y trouvera aujourd’hui assez peu de contenu, mais près de quinze ans de billets d’humeur, de coups de gueule, de partages d’expérience, ça ne se raconte pas, ça se vit. Je garde à l’esprit cet article d’à peine 700 mots sur la blogueuse africaine qui valait cinq millions. En passant, un petit quelque chose me dit que l’éclosion de la vague de blogueurs camerounais survenue la même année que cet article n’est pas due au hasard.

Anyway, pour aller dans le vif, notre période de diète est passée! Paola Audrey a recommencé à  produire du contenu, sous un format rafraichissant, agréable, original. Pour ceux qui souhaitent la découvrir ou la retrouver, laissez tomber son blog, maintenant elle se [re]produit sur SoundCloud, la plateforme de partage d’audios, avec des podcasts de 20 à 30 minutes pendant lesquels elle expose son opinion à propos d’une thématique qu’elle aborde.

Pour ceux qui suivent ses contenus, elle avait déjà commencé l’aventure avec une emission très bien tournée appelée Le Flow, Les thématiques étant surtout Hip-Hop et plus généralement Pop culture. Avec l’arrêt du Flow, J’imagine que le temps et les installations nécessaires ne sont pas les plus disponibles lorsque tu dois gérer les carrières de titans comme Stanley Enow ou Kiff No Beat. Ha oui oui.

Ceci dit on sent de l’expérience dans ses nouveaux podcasts, et même si on peut déplorer le petit coté brouillon des premiers épisodes, on sent une progression monstrueuse entre le troisième et le quatrième. Au cinquième podcast, comme à son habitude Paola Audrey explose tout avec une réflexion très intéressante titrée: les galères des Youtubeuses afro-françaises. 


Bien sûr si on n’est pas fan de pop culture on ne voit pas beaucoup d’intérêt à suivre ses audios, arrêtons nous dessus justement: avec le bruit que font les nouvelles vagues de producteurs de cette génération on peut facilement se demander quel serait l’intérêt de continuer de lire une Paola Audrey qui était certes une référence il y a quelques années mais qui ne se considère même plus aujourd’hui comme une blogueuse. C’est selon moi, un point majeur à adresser si l’on veut construire l’écosystème de contenu que nous souhaitons voir éclore.

J’avais déjà donné une tentative de description de la pop culture ici, mais au delà de la qualité du contenu, il y aurait beaucoup à dire sur le personnage lui-même. Paola Audrey Ndengue, par sa carrière, par les étapes qu’elle suit dans le pilotage de sa vie professionnelle est facile à assimiler à un modèle.

En effet, en suivant son blog et ses différentes plateformes sociales on assiste à une vraie démonstration de puissance digitale. Twitter pour les infos et partages pertinents, SoundCloud pour le contenu plus intellectuel et recherché, Instagram pour le reste, faut suivre pour comprendre.

C’est un vrai plaisir de la suivre et ça permet d’esperer voir plus de personnages aussi intéressants produisant du contenu digital afro, ce qui est déjà merveilleux. En plus, note de joie immense, le charisme qu’elle transporte couplé à l’absence de figures de poids dans le game donnent bon espoir de voir Paola Audrey devenir la Myleek Teele ou la Oprah Winfrey francophones. La place est libre, et ça ne se bouscule pas trop chez les blogueurs africains francophones à part quand il s’agit de politique. Et avoir une voix qui compte dans cette sphère très fermée qu’est la mode, ça peut changer beaucoup de choses.

Ceci dit, pour ceux qui se demandent en quoi ça peut être intéressant de parler musique et vêtements, rappelons quand même qu’en terme de revenus, la mode est le type de blogging le plus rentable dans le monde, Après bien sûr la catégorie très populaire des blogueurs qui parlent d’autres blogueurs.
C’était la Chronique d’Ad

Publicités

Publié par

Et vous? Qu'en pensez vous?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s