Les côtés obscurs de la pop culture


IMG_20160406_123318L’émission « Couleurs Tropicales » sur RFI, de l’animateur Claudy Siar, une référence de la culture musicale afro et carribéenne. Devinez quel rappeur d’origine camerounaise et doté d’un nom de médicament fut l’invité de la dernière édition de cette émission? Ca sort comme…

Imaginez Pamela Anderson à Bagdad le jour du Ramadan avec sa tenue alerte a Malibu et une pancarte #JeSuisUnMouton. Vous voyez le délire? Non? Tant pis. C’était juste l’intro.

Tentative de description de la pop culture, et surtout de ses côtés obscurs. *Tan, tan, tan, taan tataan… Dark Vador’s Theme*

Cet article fait suite à une série que vous pouvez retrouver ici, donnant des tentatives de description de la culture. Ici, nous tenterons de déterminer quelques différences entre culture et pop culture, avant de parler un peu de leurs références.

À part la définition qui présente un minimum d’intérêt, les descriptions de la pop culture que j’ai lues m’ont parues limitées, biaisées, insatisfaisantes en somme.

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Selon Wikipédia, source d’information par excellence des sujets sans intérêts, « La culture populaire représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d’être produite et appréciée par le plus grand nombre »

La suite de cette définition place une orientation « populaire » de la culture, d’où l’expression « culture populaire », qui devient « pop culture ». Tout est plus cool dit en anglais :-), mais quelle est la liaison entre ces concepts si proches et pourtant si distants? Et surtout, quel est l’intérêt d’écrire un billet kilométrique dessus?

–>Culture,popculture, quéquecéquoi?

Devant l’absence d’études intéressantes sur le sujet, vous vous contenterez de mon avis, subjectif, partisan. Mais il y aura des blagues, ce sera plaisant.

Donc. La culture étant « l’élément de cohésion » d’un peuple dans le meilleur des mondes où il n’y a pas la canicule et les tueurs de bébés, la pop culture, culture du peuple, doit être l’élément d’identification de ce dernier sur le plan pratique. Sur le terrain quoi. Et autant la théorie est opposée à la pratique, autant la culture et la pop culture s’opposent, dans une guerre sans merci, dont le vainqueur occupera le coeur du peuple, voire même, de la nation.

Illustration:

Comment différencier culture et pop culture?

La technique que j’ai trouvée est assez simple: Quelle serait la différence entre une oeuvre d’art estampillée « culture » et un street art? La présence du ministre de la culture d’un côté, celle de la police de l’autre.

La culture touche un champ plus consensuel que sa con-soeur, au point qu’il y ait un budget dédié à celle-ci. La culture est une force, la pop culture est au pire un problème à traiter par la mairie ou le ministère de l’interieur, au mieux une pompe à fric à exploiter par des businessmen sans états d’âmes.

D’ailleurs. Dans le dernier épisode nous voyions que La culture s’apprend. C’est sa fin, sa nature et son objet. On apprend à un jeune Sawa, dès l’enfance, à faire le Ndolê. Culture. On apprend aux anglais que leur constitution se trouve dans leur coeur, culture. On apprend qu’il ne faut JAMAIS saluer un turc avec la main gauche. Culture. On observe que la dot chez les peuls atteint souvent des montants astronomiques, pop culture.

Pourquoi pop culture? Parce que le dernier point est une observation, peut-être même un préjugé. Ce n’est pas institutionnalisé, ce n’est écrit dans aucun manuel, et aucun prof sensé n’éduque *de manière officielle j’entends* ses élèves à payer trois bœufs, quatre hectares de terrain et huit cartons de l’homme qui marche pour avoir le droit de chanter #ParlezEncore à la mairie.

De là, on peut en finir avec la première problématique de cet article avant d’avancer, et répondre à la question « comment savoir si une oeuvre est culturelle ou pop culturelle »?

C’est simple, Pour savoir si une oeuvre, une attitude, sont culturelles ou pop culturelles, je me pose les  questions qui suivent:

1-Si c’est une œuvre.
Est-ce que le ministre de la culture peut venir et faire le coq devant cette oeuvre en vantant la fierté du pays »du parti/du président? Oui? L’oeuvre est culturelle. Htag Blick Mbassi, Cheik AD, Youssou n’dour, htag les africains sont trop forts allez dire.

2-Si c’est une attitude.
Est-ce qu’un chanteur/rappeur peut faire une chanson sur cette attitude et espérer faire des millions de vue en réduisant drastiquement le niveau de respect qu’on aura de son pays? Oui? C’est une attitude pop culturelle. Htag Trace Africa, ou l’apologie de la honte vidéographique.

Maintenant c’est bien beau de faire la différence entre la culture et la pop culture mais… En fait ça change quoi à nos vies tout çà ?

–>Pop culture, les côtés obscurs.

La pop culture étant le point de rencontre des cultures d’un lieu, elle m’est intéressante à étudier, surtout dans un environnement social aussi chaotique que le nôtre. parce que c’est elle qui définit les codes de la culture de demain, et c’est avec celle là qu’on forme les enfants que nous enverrons affronter la vie. Comme le rappelait un certain Hugues, il est donc important de décrypter son fonctionnement pour permettre de fonder une société paisible, dans laquelle cohabiteront les peuples. Dans l’harmonie, la paix, et la bonne humeur. Dans l’amouuuur aussi.

Lol.

Le fric. On fait çà pour le fric. La pop culture ça rapporte. On aurait dû commencer par là en fait. Dans la mode, dans le commerce, dans la musique, à la télévision, pour le tourisme, et tout récemment dans la politique *cc Jeunesse androïde*, les codes et éléments de la pop culture sont partout exploités, dans un seul but, faire des euros, des nairas, des yens ou des présidents.

Lorsqu’une publicité a été commandée, planifiée et surtout budgétisée, tous ces gentils décideurs autour de leurs tables ne se demandent pas comment faire rire le public avec leurs jolies images, ils cherchent à faire du chiffre. Et donc si le titre de la chanson X du moment se retrouve affiché dans tous les coins de rues, c’est pour un but, un seul. Des conversions. Faire de l’argent. Beaucoup d’argent.

Et donc celui qui comprend les codes pop culturels, il doit maîtriser les mêmes codes dont s’est inspiré l’artiste Doliprane, ou Flagyl, ou tout autre nom de médicament. *Hs: Il fallait bien que quelqu’un fasse cette blague un jour*.

Le pop connaisseur sera payé pour trouver la meilleure manière d’ exploiter les codes du nouveau tube « ALaQuintinie » du nouveau rappeur Atarax. Il aura pour mission de mettre en valeur le produit Y qui sera probablement si c’est en Afrique 1-Une bière, 2-Une marque de télécommunications 3-Un produit de beauté, ou les trois en même temps si on s’appelle Samuel Eto’o.

Le pop connaisseur paiera donc le rappeur Spasfon, ou l’invitera à un concert à ciel ouvert pour présenter son dernier tube #ALaQuintinie.

Si ça se passe bien, les ventes de Y augmentent, tout le monde est content, ‘fin sauf le rappeur Zentel. Il n’avait pas pensé à enregistrer sa chanson à la SOCACIM. Oups. L’entreprise de Y devient donc propriétaire de la phrase « AlaQuintinie », oriente une petite pub sur le thème, petite image, petit logo.

Ça c’est quand tout se passe bien. Quand tout se passe mal, le pop connaisseur ne prévoit pas que l’artiste tiendra des propos racistes en public, ou deviendra impopulaire, ou « has been ». Dans le pire des cas, l’artiste de la marque va chez le concurrent, ce qui est juste le plus mauvais coup de pub possible. Re- coucou Samuel Eto’o.

Voici, en gros, ce que la pop culture peut créer, et détruire. Il y aurait bien d’autres exemples à prendre, bien d’autres choses à dire, mais en parler serait risqué puisque je ne suis pas un expert du domaine, juste un consommateur passionné.

Là où je chute, c’est ici. Je n’ai écrit cet article que pour une raison, je n’ai pas trouvé beaucoup de publications sur le sujet, sous l’angle analytique. Parler de tel ou tel rappeur c’est bien, mais il y a tout un pan de la pop culture qu’il serait intéressant d’étudier sous un angle scientifique, et le besoin est certain. Ce sont ces côtés de la pop culture, ces côtés obscurs, que j’ai voulu énoncer ici.

Ce serait tout une science d’étudier le sujet, or il faut bien commencer quelque part. Au Nigeria, l’Etat et les célébrités s’en servent déjà joyeusement et ça a l’air d’aller assez loin comme l’exprime cet article d’Africa Report.

En Côte d’Ivoire, il y a cette très intéressante blogueuse camerounaise *Yeah* qui pourrait elle aussi à juste titre être considérée comme une référence, quoi qu’elle paraisse beaucoup plus orientée « Lifestyle » que « Culture pop ». Tout un autre sujet.

Enfin, de manière générale, vraiment je ne saurais citer de sources purement analytiques même si des approches subjectives *et passionnantes* sont amorcées par des plumes comme la biblio afro qui ne brûle pas

C’était la chronique d’Ad, et c’est juste impossible de parler pop culture sans parler de Samuel Eto’o au Cameroun.

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2 réflexions au sujet de « Les côtés obscurs de la pop culture »

  1. Your thought trail is an exhilarating journey. I like your reasoning. You don’t pretend to be an expert, yet you share your take entertainingly. Thank you bro!

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