Comment être un bon chercheur d’emploi [Ou tentative de promotion de l’événement #Jobtalk Cameroun]


Wabidiboo, c’est la chronique d’Ad, et l’avenir devient de plus en plus compliqué à appréhender pour les chercheurs d’emploi, jeunes et moins jeunes. Entre ceux qui se battent pour un petit boulot alimentaire et ceux qui font le contraire de ce qu’ils ont appris à l’école, on a presque l’impression que le « système » fabrique des futurs chômeurs prêts à l’usage.

Jobtalkimage

Ce  30 avril 2016, une amorce de solution a été trouvée dans les locaux de l’université Saint Jérôme de Douala. L’événement Jobtalk s’y déroulait, avec un concept simple. Trois panélistes issus plus ou moins des domaines des Ressources Humaines, un public patient et disposé à prendre des notes, des ateliers, et des sponsors.

Entrons dans le vif.

tweetjobtalk2_001

Benjamin Nwall, PDG de l’agence conseil Bliss commence en exposant sur le thème « Le bilan de compétences ». En quelques mots, il s’agit d’un document rassemblant l’essentiel de vos expériences, de votre personnalité, de vos atouts et de vos objectifs. Un élément qui semble primordial avant toute entreprise de recherche d’emploi, car on se rend compte que nous ne savons pas toujours ce que nous voulons lorsque nous cherchons un travail. Les questions essentielles abordées lors de son exposé peuvent être facilement résumées si vous acceptez de vous prêter à un petit jeu. Analysez rapidement ces quelques questions, et considérez le temps que ça vous prend de répondre à chacune d’entre elles :

  • Qui êtes-vous vraiment ?
  • Quels sont vos objectifs, vos atouts, vos faiblesses dans votre vie ?
  • Que pensez vous que diraient vos proches si on leur posait ces mêmes questions à votre sujet ?

L’idée du bilan de compétence ressemble à cela, et le but du billet étant surtout de parler du jobtalk, donc continuons sur cette lancée.

Dans son exposé, M NWALL démontre que les chercheurs d’emploi doivent plutôt se positionner comme des offreurs de compétence, se débrouiller pour que leur absence dans l’entreprise soit une perte pour le responsable du recrutement. Mettant son expérience d’ex DRH DIAGEO ainsi que ses nombreuses certifications à profit, il explique à ses auditeurs comment se passent les séances d’entretien depuis le point de vue du recruteur. De manière très [voire trop] pratique, il nous explique à quel point le verni écaillé de la demoiselle, le col d’une propreté douteuse du monsieur ou les odeurs bizarres peuvent être rédhibitoires en entretien. Son propos touche particulièrement en ce sens qu’il permet de comprendre pourquoi beaucoup d’entre nous n’ont jamais été rappelés pour des postes pour lesquels ils avaient pourtant le profil, et ça pique. Oui, ça pique au niveau de l’égo, mais ça soigne, comme l’alcool.

Il nous donne aussi une petite technique pour gérer la question des salaires lors des entretiens d’embauche, mais celle là je la garde pour moi, vous n’aviez qu’à être là.

tweetjobtalk1_001

M NWALL laissa la place  miss Ebenye Nadège, qui  me donna au début l’impression de jouer à celle qui en sait plus que vous et qui tient à ce que vous soyez au courant, vous voyez le genre ? Je me disais que nous entendrions des « je » toutes les trois secondes lors de son propos, que nous serait offert en direct un exposé sur la splendeur de ses qualités et de ses talents. Elle ne l’a pas fait, mais au vu de son pédigrée, elle aurait pu. Depuis son poste de Human Resources coordinator de IHS TOWERS, elle aborde le sujet du marché de l’emploi, et peut-être à cause d’un certain charisme ou d’un bel aplomb s’agissant de la prise de parole en public, elle a su faire participer au mieux les auditeurs.

Modérant un maximum de personnes et de profils, mettant à profit chacune de leurs interactions pour détailler les propos qui avaient été avancés plus tôt par M NWALL,  elle a su permettre d’apprendre des erreurs de ceux qui avaient le courage de raconter les épreuves endurées lors de leurs recherches d’emplois. Je garde en mémoire le témoignage de cette demoiselle qui raconte son stage à Nestlé. Elle demande si le fait de se concentrer sur un seul profil ne fait pas réduire ses chances d’être pris dans une bonne boîte, et Mlle Nadège de lui répondre qu’en fait le recruteur sait toujours ce qu’il cherche, et que ce n’est donc pas nécessaire de balancer n’importe quelle info sur son cv puisque celui-ci deviendra incohérent et donc inutile. Il vaut mieux  maximiser sur ce que l’on veut vraiment et optimiser ses forces. Cette stratégie nécessite évidemment de bien se connaitre, ce qui ramène au bilan de compétences précédemment énoncé. Comme une combo dans un jeu vidéo, Miss Nadège et M Benjamin se complètent dans leurs propos pour nous offrir une expérience vraiment utile, je l’avoue. Je suis probablement subjectif, mais ce jour là je n’ai pas perdu mon temps.

FlavienKouatcha

Enfin, pour le bouquet final, nous accueillons l’invité mystère en la personne de Flavien Kouatcha, entrepreneur-agriculteur-relation-publiqueur-blogueur, et bien d’autres termes flatteurs. Déjà connu pour son kit aquaponique et ses nombreuses participations web, il subit son lot de [bruyants] applaudissements qui suivent l’annonce de son nom, avant de nous raconter avec détails son enfance, son passé de vendeur de beignets. Je suis très sérieux. Il montre d’une certaine manière que le fait de croire en ses rêves et de travailler sur son profil professionnel ne sont pas incompatibles avec la recherche d’argent, et sont même, au contraire, directement corrélés. Il attaque un peu la philosophie souvent entendue par nos grands frères, qui consiste à dire devant chaque difficulté que « le pays c’est le pays ». Face à un participant qui lui demande s’il n’est pas un peu trop optimiste avec son parcours atypique de premier de la classe, il répond, sans ambages:

« Ce n’est pas si grave si toi tu n’apprends certaines choses qu’aujourd’hui, car il y a des gens qui vivent toute leur vie sans jamais savoir. Le moment, l’âge, ne sont pas importants quand il s’agit de changer les choses. »

Avec le recul, je reconnais un manque d’organisation dans les prises de paroles des sponsors et partenaires, ainsi qu’une atmosphère salle de classe assez irritante. Il y avait un groupe au fond de la salle qui faisait beaucoup trop de bruit, mais dans les faits l’expérience s’avère enrichissante, utile. Un plein succès en somme.

image

A y réfléchir, je serai probablement là au prochain, puisque l’évènement se déroule fréquemment. De toutes manières ça ne me coûte rien vu que c’est gratuit [pour l’instant ?], et en plus, au chômage, ce n’est pas comme si le temps libre servirait à faire autre chose que regarder des mauvaises séries sur les chaînes du câble. J’ajoute, pour finir, un moment qui me parait nécessaire de raconter. Pendant la séance de questions réponses, un technicien télécom en recherche d’emploi se retrouva à discuter avec la responsable des ressources humaines de IHS, qui est une entreprise d’installation de matériels de télécom. Télécom, télécom. Un moment épique. Un moment « jobtalk », probablement.

C’était la chronique d’AD, et va peut-être falloir que je refasse mon CV.

Publicités

Publié par

Et vous? Qu'en pensez vous?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s