Dans la file d’attente


FIle d'attente
Point de vue de celui qui attend de payer ses factures -_-

L’intérêt quand on blogue c’est qu’on peut écrire sur quasiment n’importe quoi pourvu qu’on ait du temps et une feuille blanche. Et donc quand on doit payer les factures de courant, pendant que la file d’attente ne bouge pas depuis deux heures, que des événements allant de « insolite » à « complètement surréaliste » se produisent et quand on a de la batterie dans son téléphone, on a tout ce qu’il faut pour écrire un bon billet.

Du temps, un thème et une page evernote vierge, wabidiboo, c’est la #Chronique d’Ad.

Tentative de description de la patience.

Ces événements commencent à onze heures. Vous arrivez aux guichets pour payer une facture, et c’est le dernier délai. Manifestement ils sont nombreux à avoir eu la même idée que vous. Vous vous dites que Finalement, la chose la mieux repartie dans le monde, c’est la procrastination.

Vous cherchez une logique à ce qui se passe sous vos yeux. Il y a plusieurs bancs, et les clients s’asseyent par groupes de quatre. Vous vous asseyez.

Les autres clients rient, vous ne comprenez pas pourquoi.

Un camarade de patience décroche son téléphone et dit: « Je suis allé payer la facture, c’est peut-être jusqu’à seize heures, on est peut-être cent là où tu vois là ».

Vous observez, vous comptez, une soixantaine au total. Vous souriez.

Un autre client arrive, perdu, cherchant où s’assoir. Sa tête fait pitié, vous riez, vous comprenez pourquoi tout à l’heure les autres clients riaient.

Loin devant, le vigile fait signe que quatre clients peuvent entrer. Vous changez de bancs. Vous comprenez le principe des quatre par bancs, et prenez conscience que vous allez cohabiter avec trois messieurs fort sympathiques. L’un d’entre eux parait sorti d’un film de Canal 2 TV.

Vous attendez.

Encore.

Encore.

Encore -___-.

Le vigile fait signe, vous ne savez pas où aller, quelqu’un prend votre place. Feignant la compassion, il vous dit qu’il vous laissera reprendre votre place. Vous n’y croyez pas.

Vous attendez. Vous êtes presque certains en voyant certains clients comme vous que l’être humain est capable de dormir dans N’IMPORTE QUELLE POSITION.

Vous remarquez que le vigile laisse passer des gens. Vous pensez « corruption ». Vous souriez.

Vous apprenez que les machines sont bloquées. Vous vous levez. Des gens s’endorment.

Le vigile fait signe.

Vous doublez celui qui avait pris votre place. Vous souriez, vous êtes fiers de vous.

Vous attendez. Vous attendez. Vous entendez les commentaires autour de vous. Football, une certaine demoiselle ayant écrit un livre sur son ex des mois après la rupture, vous pensez « complexe de Trierweiler », vous vous demandez si vous pourriez utiliser cet élément dans un débat sur le féminisme contemporain, et puis non. Ce serait trop facile. Football encore, football encore. Vous mettez vos écouteurs.

Les machines sont réparées.

Une femme essaye de grappiller des places, secousse. Un homme est à un rien de la frapper. « Respectez vos aînés ! Respectez vos aînés! ». Elle s’excuse, mais reste à la place volée. Vous sentez une perturbation dans l’équilibre de la force.

Vous attendez. Vous attendez. Vous attendez. La perturbation devient de plus en plus forte.

Le vigile fait signe.

Débandade générale. Le système des quatre par bancs a vu ses limites. Certains courent pour avoir une place. On dirait les chaises musicales. Vous sortez votre téléphone, ce sera un super article.

Le vigile fait signe.

Un homme manque de vous faire un croche pied. Vous souvenez du passage de la Bible « le royaume des cieux appartient aux violents ».

Vous passez en mode Berserk. Vous attendez le vigile. Dès qu’il semble bouger, vous vous préparez à vous lever.

Le vigile fait signe.

Secousse, violence. Les bancs sont devenus un hippodrome. Vous sautez un banc. ceux qui dormaient se réveillent. Ce sont définitivement les chaises musicales. Ceux qui manquent de vivacité sont éliminés. Ceux qui manquent de ruse sont éliminés. Vous voyez les corps inertes des dormeurs, incapable de suivre la…

Le vigile fait signe.

Vous sautez un banc, sans inquiétude. L’important c’est d’avancer. Vous voyez celui qui était avec vous. Il est loin devant. Vous changez de méthode. Vous évitez un coup dans les côtes de justesse, et vous êtes presque sûrs d’avoir senti un coup de couteau dans votre dos. Ca ne rigole plus.



Vous laissez tomber votre article un moment. C’est la guerre.



Une heure trente vient de s’écouler. Les choses se sont dégradées, certains ont dû jouer des coudes et des sourires, il y a même des blessés. Dans leur amour propre bien sûr.

Vous avez réussi à entrer, et vous comprenez pourquoi les caissières mettaient si longtemps : chaque client a deux ou trois factures avec lui.

Vous payez votre facture. Vous sortez comme une star, un privilégié, un boss.

Sur le retour, vous sentez une perturbation violente dans l’équilibre de la force. Vous vérifiez la facture, et vous vous rendez compte que vous avez oublié le reçu -_-.

C’était la chronique d’Ad, et je déteste vraiment les files d’attente.

Et vous? N’avez vous pas une histoire avec les files d’attente? Tout le monde a une histoire avec les files d’attente 🙂

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Publié par

4 réflexions au sujet de « Dans la file d’attente »

  1. ADk j’ai mal aux côtes tellement j’ai ris, tu es très fort. Le  »complexe de Trierweiler » et le passage biblique ont failli me tuer.

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