Les embouteillages.


Tous les soirs, entre dix sept et dix neuf heures, les grandes artères de la ville de Douala sont bouchées. Bon c’est un peu inexact. Dire que les deux seules artères de la ville de Douala sont bouchées serait plus précis.

En fin d’année, c’est pire et ça s’étend à toutes les tranches horaires. Un vrai calvaire.

Douala est une ville complexe, et pour la traverser il faut passer par les deux grandes routes qui la composent. La première grande route part du quartier New Bell pour s’arrêter dans les quartiers résidentiels de Bonamoussadi et Makepe, même si il y a encore des quartiers plus loin comme Kotto ou Logpom. Au milieux, le rond point Deido avec sa statue de la nouvelle Liberté, symbole de la ville. Le rond point conduit aussi vers l’exterieur de Douala, comme les  chemins du Sud-Ouest, ou dans une petite ville située à l’Est appelée Bonaberi, et considérée très injustement comme Douala IV ème. Là bas, les embouteillages sont dignes des heures de pointe à Lagos, où il faut mettre quatre heures sur une vingtaine de Kilomètres.

La deuxième grande route traverse un quartier qui me fait toujours sourire, Ndokoti. Si Douala est le centre du monde, Ndokoti en est le coeur. Vivant, battant.

On y retrouve l’une des plus violentes différences de culture entre New York et Douala, les deux plus belles villes du monde. À New York on vous vole votre sac, vous criez au voleur et personne à part Spiderman ne viendra lever le petit doigt. Et comme Spidey est seul dans une cité de plus de 10 millions d’habitants les probabilités ne jouent pas en votre faveur…

À Ndokoti, si on vous vole votre sac devant tout le monde et que vous arrivez à alerter la foule, le pauvre bandit subira la terrible justice populaire, impitoyable. Je préfère éviter les détails inutiles mais sachez juste que dans l’histoire il y aura des pneus, du lait, du feu, des courroies et des cris de douleur.

Bref, là, je suis dans les embouteillages.

Le problème des transports en commun est un marché de plus de six millions de dollars par an dans la seule ville de Douala, c’est à dire à peu près le chiffre d’affaire de tout le secteur du poulet , et une moitié de ce chiffre peut être engrangée par la simple circulation d’information entre les personnes.

Les embouteillages dont aussi un moment social très intime, au cours duquel nous sommes obligés de côtoyer des personnes que nous n’avons jamais vues. Dernièrement, j’ai rencontré Gladys, l’invité que j’ai choisie pour cet article. On s’est croisés dans le même taxi, elle était trop charismatique. J’ai appris qu’on avait été dans le même collège, à des promotions différentes. J’ai aussi appris qu’elle aimait la musique. J’étais content. Et puis les chargeurs qui crient les destinations, c’est toute une culture. Il y en a un, il est fringué comme un rappeur des années d’avant 2pac. Et on dirait qu’il ne sait pas laver une seule fois depuis cette période. La nostalgie peut-être. On a tous une histoire à raconter dans les embouteillages. Tous.

Ce serait intéressant de savoir comment se passent les embouteillages ailleurs, donc j’invite tendrement les lecteurs à me dire ce qu’ils font dans les bouchons. Parce qu’en fait je m’ennuie comme un rat mort là.

C’était la chronique d’Ad, et j’en ai marre des embouteillages.

PS: au moment de l’écriture de cet article l’auteur écoute « Wake up » de All sons ans daughters. Il vous invite à dire, vous aussi, ce sue vous écoutez au moment où cet article est écrit.

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2 réflexions au sujet de « Les embouteillages. »

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