La fin(?) de la chronique


pablo

Mon but dans ce billet est de mettre en lumière une difficulté que J’ai rencontrée avec ma plume, donc il est possible que ça ne concerne pas certaines personnes qui liront. D’avance, pardon. Cependant si vous continuez la lecture et que vous vous sentez touchés, ce sera toujours une bonne chose. Enfin. Je suppose. Bref.

« Ad?

-Oui?

-Pourquoi tu écris? »

Yo.

Ça fait maintenant un certain moment que je me pose cette question, et l’absence d’une réponse pertinente me trouble, à un point tel que j’ai décidé, il y a quelques mois, d’arrêter.

Je n’ai pas abandonné, cependant il me faut parler. Cracher mon besoin, exprimer mon inquiétude, et toi, cher lecteur, tu es mon exutoire.

« 1. Au commencement Ad créa la chronique d’Ad, espace de prolifération de l’anormalité »

Je n’avais déjà aucune raison réelle d’écrire lorsque J’ai ouvert cet espace, à part peut-être que j’avais envie d’écrire, et surtout d’être lu. Oui, Jugez-moi. C’est une nécessité pour certains humains de partager ce qu’ils ont appris d’autres, alors c’est ce que J’ai fait, au début. Un article, un invité, un sujet.

Je crois déceler en moi *comme en beaucoup d’autres* une passion certaine pour parler des gens, que ce soit objectif ou tout à fait partisan. Mes premiers articles étaient Donc naturellement orientés vers cette tendance, et J’aurais pu continuer pendant encore un moment si il n’y avait pas eu un total imprévu, un fantôme dans la machine, un Hyde dans le Dr Jekyl.

J’ai été lu.

À cause de circonstances que je n’avais absolument pas prévues je me suis retrouvé en face de gens qui me lisaient, qui commentaient, qui appréciaient *un peu*, jugeaient *souvent*, et qui avaient des attentes, beaucoup.

Hâ les attentes. Elles ont effet pernicieux sur l’humain, car à cause d’elles nous sommes obligés de réfléchir aux conséquences de nos actes.

Pour ne pas aller en profondeur, quand des gens ont des attentes envers toi tu te sens obligé de tout faire pour les satisfaire. Et c’est là que ça commence à partir en carambars.

Parce que tu te retrouves face à des choix que tu n’avais absolument pas prévu de faire, des questions que tu n’avais absolument pas prévues de te poser, tu agis non plus en fonction des besoins primaires de ta cause, mais en prévision des réactions probables que tu auras.

Un exemple. Tu papotes avec quelqu’un qui écrit aussi, tu partages tes inquiétudes et tout et tout, et puis question:

« Hey, c’est quoi ta ligne éditoriale? »

Bug dans la matrice.

« 2. Ad récréa la chronique dAd, se donna un semblant d’image, appris le Css et le htmls, lut des livres pour apprendre à Twitter. Ayant fait tout Celà, il vit que c’était bon. »

J’avais un rythme soutenu, un public fidèle, et une flopée de thèmes à aborder. Êtes-vous féministe? Êtes-vous un asocial? Êtes-vous marginalisé-e-s? En gros: vous sentez vous considéré-e de quelque manière que ce soit comme sous-estimé-e, en mal de confiance en vous? Venez, je vous comprend. Venez voir papa.

D’ailleurs j’avais trouvé une super définition à Ad: Asocial Déterminé. J’étais fier de la valeur ajoutée que je conférais maintenant à mes articles, et très fier des retours aussi. En plus j’avais été marqué par deux confrères comme étant « cool » *ce sont leurs termes*, et, piment dans le Coki, on m’avait reconnu dans la rue. Deux fois. Enfin presque. Deux filles. Je les croise, on discute, je dis « Ad » et elle me dit:

« Ad… De la #Chronique_dAd? »

Oui m’dame. De la Chronique d’Ad. Moins forts les flashes. Quand je relis là je me dis qu’en fait je ne devrais pas avoir de raisons d’arrêter, vu que manifestement tout va bien non? Non?

Non.

Tout n’allait pas bien. J’avais atteint des minima intéressants dans un domaine passionnant, mais je n’étais pas en paix, pour une raison à la fois évidente et invraisemblable, qui se trouve dans la toute bête question posée en début de ce billet.

Je pourrais encore parler longtemps mais j’ai explosé mon quota de pronoms de la première personne dans cet article, sans compter les passages où je me permets de parler de moi à la forme impersonnelle. Ma tête est tellement enflée en ce moment que si je regarde mes pieds je tombe, alors que je n’ai pas encore fini de traiter la problématique que J’ai soulevée ici.

Une autre grande question se pose toutefois, je m’en vais te l’adresser, à toi, cher lecteur.

Pourquoi tu écris? Et si tu n’écris pas: pourquoi tu lis?

Je le demande autrement: si tu occupes comme moi un espace numérique, tu te permettras de dire avec fierté « j’ai un blog », de temps en temps, aux abords d’une conversation pseudo-intellectuelle. On te posera cette triviale interrogation juste après:

« Hâ bon? Et tu écris sur quoi? »

Et je peux parier mon mot de passe Twitter que tu vas bafouiller. Vas-y, essaye.

Alors?

Tu ne peux pas t’empêcher d’avancer un minimum de trois sujets n’est-ce pas? Genre culture, société, etc…. Les plus sincères diront « tout et rien », et les plus narcissiques diront « tout ce qui me passe par la tête ». Sauf que c’est justement impossible. Nous avons tous une ligne qui nous motive, en trame de ce que nous écrivons, une sorte de zone de confort didactique qui nous conduit.

Je veux trouver la mienne, parce que si je ne la trouve pas, je mourrai. C’est pour çà que J’écris. Pour ne pas mourir.
Pour ne pas laisser tout çà derrière moi.

« 3: Il créa son blog à son image, il créa Wabidiboo »

J’aime bien parler des gens que j’aime. Raconter les dernières découvertes a_sociales, Applaudir les dernières innovations du monde libre, et commenter l’actualité ne me botte pas tant que çà, mais parler des gens et des idées qui me plaisent ça me motive vachement.

Ce serait cool, que je partage les découvertes émotionnelles, numériques ou sociales. J’inviterais des personnes, peut-être, à raconter leurs relations avec la société, je parlerais de toutes ces gens qui font tant pour les communautés, ou qui la subissent avec amertume, vraiment ça me plait.

Un sujet, un invité, une idée à retenir. Ce serait bien çà. Ce serait clair, précis, ce serait une ligne éditoriale originale.

Alors maintenant, je te demande. Qu’est-ce qui te motive à te trouver ici? Tout de suite? Sur cet espace numérique?

Tu peux répondre en commentaire ou aller dans le formulaire qui se trouve probablement à ta gauche, mais prend bien conscience que ta réponse orientera ta manière de continuer ce que tu faisais jusque là. Donc je repose la question, qu’on s’entende:

1-Si tu écris:Pourquoi tu écris?

2-Et si tu n’écris pas: Pourquoi tu lis?

 

C’était la Chronique_dAd.

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8 réflexions au sujet de « La fin(?) de la chronique »

  1. J’écris parce que j’ai décidé d’agir sur des problématiques qui me touchent au travers de l’écriture. Elle agit comme la première étape d’un long cheminement d’activisme auquel je souhaite me vouer. Le challenge est immense mais c’est cela qui est encore plus plaisant, se remettre en question pour se dépasser chaque jour un peu plus.

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