Etes-vous vivants?


Au moment où j’écris ce billet donc on y est encore. 2014. Je peux fêter, boire, danser, prier, m’amuser jusqu’à satiété en attendant le moment où les cloches, les feux d’artifices et les vibrations de mon smartphone *oui, j’ai un smartphone* retentiront au loin ou tout près, annonçant la fin d’une rotation de la Terre autour de son astre porteur.

Oh joie.

Vous tolèrerez ce sarcasme, car je dois l’avouer, bien que j’appartienne plutôt à la classe des boute-en-train qui se lèvent en premier aux fêtes, je ne suis pas un grand fan des célébrations, au contraire. Mon kiffomètre pointe le ciel si j’ai *par ordre croissant de priorité* deux trois amis, un peu de musique et Jésus avec moi, imaginez donc mon ennui lors de ces grands moments entre potes, en famille, entre amoureux…

Parlons de la mort si vous voulez bien. Ce n’est pas un effet de texte, je suis très sérieux. Je ne me rappelle pas avoir passé une fin d’année parfaite dans ma vie, mais par contre j’ai toujours des souvenirs de deuils, d’enterrements de pertes à cette période. Cet article aura donc pour but de raconter la mort, de la disséquer, et surtout, comme d’habitude, de chercher les détails les plus pertinents, les plus poignants concernant l’expression du décès dans les cultures, dans la vie. En d’autres termes je vais baragouiner sur un sujet dont personne ne veut parler, et si ça vous gêne vous avez deux solutions : sauter et caler en l’air, ou partir frapper Guillaume, qui m’a ordonné ce thème morbide c’est le cas de le dire juste la veille du nouvel an, si c’est pas du sadisme çà… Bref. Ne t’endors pas lecteur, on en a pour 1000 mots et des poussières.

  smiley souriant

La mort, la maladie.

Les accidents ou les assassinats sont des cas de décès assez fortuits, qui nécessitent une approche et un vécu personnels dont votre [pas si] humble serviteur ne dispose pas. Nous nous limiterons donc aux cas les plus fréquents et malheureusement les plus douloureux, ceux où le décédé meurt lentement. Hépatite, Ebola, Paludisme, Sida, qu’importe, le processus est souvent le même, ça commence par la négligence. Un petit mal de crâne, une petite douleur dans le bas du dos, ou une petite hausse de température. Rien de grave n’est-ce pas ? Mademoiselle monsieur madame, vous êtes décédé(é), bam, fin de l’histoire. Vous ne le savez pas encore et vos proches non plus, mais vous n’êtes déjà plus le personnage principal de l’histoire, rien de plus qu’un souvenir dont on parlera dans les saisons suivantes, comme le dernier épisode de la saison 1.

smiley très souriant
Ca va bien hein? Il va aller mieux hein? Hein?

La mort, les soins.

Ici se trouvent les plus belles expressions de l’inégalité humaine. Si vous êtes pauvre pas besoin de passer par cette étape, ce sera fini et vous n’aurez rien de plus pertinent à faire que prier seul ou accompagné dans votre sépulcre psychologique, et attendre la faucheuse ou le Léviathan ou je ne sais quelle autre allégorie religieuse. Si vous avez les moyens ou une bonne assurance, vous êtes mort quand même, mais avec un confort plus accru, quoique : les gens oublient souvent cet aspect de la mort mais une fois entré dans une chambre d’hôpital c’est souvent la dernière fois que l’on voit la lumière du jour…

NB : Si vous êtes dans un hôpital au moment où vous lisez cet article Je suis fort désolé pour vous mais tout n’est pas perdu, donnez votre vie à Dieu, puisque de toutes manières là où cous allez franchement…

Sinon si vous êtes toujours sur vos jambes commencez à investir dans une bonne mutuelle santé, vaut mieux dépenser son argent quand on est vivant que quand on est mort. Pensez aussi à votre testament et à faire beaucoup de photos, surtout si vous êtes du genre infidèle. Oui parce que si vous vous dites « j’ai le temps », vous aurez commencé à manger les pissenlits par la racine avant d’avoir eu le temps dire « chérie je dois t’avou… ».

Ca ira pas mieux? On peut quand même faire quelque chose non?
Ca ira pas mieux? On peut quand même faire quelque chose non?

La mort, la maladie, 2ème partie.

Mal de crâne assassin, douleur insoutenable, fièvre incessante, vomissements paralysie, perte d’appétit, psychose, hallucinations même. La mort n’est pas paisible. Vous avez regardé beaucoup de films dans lesquels le décédé faisait un sourire avant de s’en aller ? Ce sont des illusions, un malade ne sourit pas. Vous avez déjà eu envie de vomir ? Oui évidemment. Vous imaginez vomir chaque heure ? Avoir faim et être incapable de maintenir dans votre estomac ne serait-ce que de l’eau ? Oui ? Gardez cette image à l’esprit, c’est presque çà la mort. La mort n’est pas douce. Elle n’est pas acceptable, elle n’est pas politiquement correcte. C’est la première cause de dépression dans le monde vous savez, juste avant le divorce. Vous voyez partir sous vos yeux, peu à peu, une personne que vous aimez, et qui n’est déjà plus elle-même.

Si vous avez de la chance, ça peut être bref. En une semaine elle passe de vie à trépas sans rester trop longtemps par la case agonie et voilà vous n’avez plus qu’à regretter de ne pas avoir fait plus de photos style « selfie with my …». Dans le pire des cas ça dure des mois, voire des années, et vous en arriverez même à souhaiter qu’elle s’en aille au plus vite, car petit 1- le coup du comateux qui se réveille après que tu aies passé la chanson de votre premier baiser, c’est un ramassis de conneries pas crédible ; et petit 2- ça t’arrache la peau des fesses tout çà… les médicaments, les perfusions, les soins des infirmiers c’est pas donné, et à dire vrai payer des sommes astronomiques pour un futur macchabée ça n’enchante pas tout le monde.

[ Si tu ne dépenses pas pour tes proches attends-toi au retour de flammes, la roue tourne]

smiley triste
Maman, pourquoi papa il répond pas quand je l’appelle?

La mort, la fin.

Phase terminale. Deux mots, si lourds de sens, porteurs de souffrances extrêmes, et pourtant si insignifiants. Ce sont des mots que l’on prononce lorsque la guillotine est encore loin dans l’esprit de leur utilisateur, à moins qu’il soit doté d’un réalisme DrHousien. La mort c’est la mort, il n’y a pas de mots pour la décrire. On commence une phrase puis on pleure, et c’est à ce stade là que les regrets commencent à pointer leur nez, et les escrocs aussi. Des questions sans réponses, des hypothèses, et des escrocs, oui. Il y existe des charlatans dont les revenus proviennent de la mort des autres, en gros tous ceux qui apparaissent à la fin de la phrase « je connais quelqu’un qui… ». Et ne croyez pas que ça concerne seulement les africains, les occidentaux, les orientaux sont tout autant friands des solutions « alternatives », c’est juste une question de vocabulaire. Alah mimbou chez les uns, voyant, guérisseur, wicca chez les autres. Il faut bien tout essayer non ?

Avant de conclure, quelques conseils pratiques : les documents se signent difficilement une fois que la rigidité cadavérique s’est installée, faites signer tant qu’il est conscient. N’oubliez pas, votre manière de vous occuper de vos gens est une ébauche de la manière dont vos gens s’occuperont de vous, que ça vous plaise ou non. Ne vous disputez pas, ça n’ajoutera rien à la vie déjà précaire du malade dont vous prenez soin. La mort est une priorité, et si vous faites passer votre travail ou autre chose avant elle, elle vous le rappellera.

De toutes manières c’est fini, vous êtes mort, la mort ne prévient pas.

La mort, le silence.

La mort, les cris.

La mort, les larmes,

La mort, la colère.

La mort, l’incompréhension.

La mort, le souvenir.

La mort ; le sourire.

La mort, la peine.

La mort, le chagrin.

La mort, les regrets.

La mort, le reste.

Fin.

Souriez, C’était la #Chronique_dAD.

#Wabidiboo

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Publié par

7 réflexions au sujet de “Etes-vous vivants?”

  1. Ce billet ne pouvait pas mieux tomber. Gardons à l’esprit que la faucheuse travaille à temps plein et ne va jamais en vacance. C’est triste mais c’est comme ça, il faut faire avec. Pleurer ses morts ou alors enjoy si elle nous a accordé un préavis. Thanks God un préavis m’a été accordé ainsi qu’à ceux qui me sont chers donc je bois pour célébrer tout ça *je ne bois même pas quand hic*
    Bon billet. Je reviendrai.

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  2. Texte pour le moins …….. morbide 😛

    Petite sensation d inachevé quand même, malgré le fait que le développement en lui même soit emprunt d une certaine profondeur ( froide )

    Aj.

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  3. Ah, là je me sens honoré 🙂 (vu la qualité de ta plume [- ‘fin, de ton coup de clavier on va dire -]) …
    Sinon ouais, c’est triste, c’est un peu comme dire à un petit occidental que le père Noel est une marque déposée … Mais bon, dans la vie il faut ça … de temps en temps..

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