Êtes-vous un(e) asocial(e)?


Watamote
les « mojyo » sont des « asociaux » japonais, ceux qui n’ont pas d’amis et passent leur temps devant un ordinateur.

Le titre fait un peu test psychologique pour adolescente, mais ça ne posera pas de problèmes pour ceux ont compris de quoi je parle. Quant aux autres, ne vous inquiétez pas ; si vous ne connaissez aucune personne qui ressemble de près ou de loin à ce que je décris ici dans votre entourage, alors regardez-vous dans un miroir, vous en verrez une.

Wabidiboo, c’est la #Chronique_dAD, et un asocial est pour être politiquement correct un “inadapté social’’. Un individu, mâle ou femelle, ayant des difficultés plus ou moins grandes à s’épanouir en société, cela se manifestant par des problèmes pour s’exprimer en public, se faire des amis, se sentir bien dans sa peau, en somme faire toutes les choses que Dale Carnegie disait toutes simples dans ses livres. On ne perçoit peut-être pas tout de suite de quoi il s’agit, mais ces difficultés peuvent parfois prendre des proportions surréalistes, du petit bégaiement en présence du sexe opposé à la catatonie en face de toute personne autre que la famille proche.

Ne confondez pas avec le simple d’esprit, l’asocial n’est pas stupide, loin de là, il est juste beaucoup plus sensible que ses pairs. Son image de lui-même est biaisée voire inexistante, le monde est pour lui une masse incompréhensible, hostile, dont il préfère se détacher.Incapable de s’adapter à son univers, il se réfugie partout où il peut : dans les jeux vidéo livres séries et autres, dans toute forme d’art pour expulser ce que les mots de sa bouche ne suffisent pas et ne suffiront probablement jamais à exprimer, dans des fantasmes qu’il/elle aura créés. Des chimères dans lesquelles il/elle sera le personnage principal d’une histoire qu’il/elle fera dérouler dans sa tête à chaque fois que le monde réel deviendra trop lourd, ou tout simplement trop ennuyeux.
« L’asocial n’est pas stupide, loin de là.

Réunion sécurité hebdomadaire, regard dans le vide et paume sur le visage. Dans sa tête il rejoue le dernier épisode du seigneur des anneaux.

On distingue pour les cas plus évidents les fanatiques de comics ou de sf, les bourreaux de travail, les “noob“, les goths, les otakus *je parle des vrais, pas de ces fans du dimanche qui regardent deux trois épisodes d’un anime inconnu entre deux lignes de codes et qui s’autoproclament otakus parce qu’ils savent qu’ils ne seraient pas assez futés pour assumer le statut de vrais geeks*. On peut aussi voir les “no life“ quoique ce terme soit tombé aujourd’hui en désuétude. Tous ceux-là, sachez que ce ne sont pas tout à fait des asociaux mais des marginaux, car il y a une différence.

Un marginal appartient à une communauté, qui bien que minoritaire reste néanmoins existante. Un fan de métal par exemple serait marginalisé dans la plupart des pays d’Afrique, car incompris de la société africaine de base. S’il trouve d’autres marginaux comme lui, sa situation changera, car il aura trouvé une communauté de « comme lui », de gens capables de comprendre ses goûts, et parfois ses douleurs. L’asocial confirmé, lui, se sentira incompris même dans une communauté de gens supposés capables de le comprendre, car ils aimeront comme lui la musique, mais pas forcément le tricot, ou la lecture, etc… Il sera très difficile pour lui d’être pleinement satisfait de sa situation sociale.

Bien sûr les deux caractères ne sont pas incompatibles, mais il ne faut pas croire que l’un induise forcément l’autre, comme le laissent penser les séries télé américaines qui mettent en avant des jeunes garçons maladroits amoureux de la même fille depuis des années sans avoir jamais rien tenté *çà c’est la friendzone, tout un autre sujet :-)*, accompagnés de deux à trois acolytes aux airs encore plus débiles que celui qu’il affiche, lui-même étant un spécimen d’anormalité. Messieurs demoiselles ne vous laissez pas avoir, ce ne sont pas des asociaux, même pas des marginaux, juste des… clichés.

Et puis soyons sérieux tout le monde sait que dans la vraie vie la fille n’est pas si jolie que çà, et de plus elle ne finit certainement pas par se rendre compte du chaaarme du morveux qui était pourtant là depuis le début, sinon les coachs en séduction et autres charlatans seraient au chômage. De toutes manières ici en Afrique on n’en a pas besoin, on a 1- la cousine éloignée du village, 2- le marabout, 3- l’amie de la petite sœur de trois ans moins âgée et [très] facilement impressionnable.

Je crois que je me suis éloigné du sujet.

Si vous n’avez toujours pas perçu la nuance, un marginal a tout pleins d’autres amis marginaux comme lui avec qui vivre leur marginalisation, alors qu’un asocial non, et c’est justement ce qui le caractérise d’ailleurs. Trop dispersé pour avoir un centre d’intérêt unique, il erre entre les différentes facettes de sa personnalité, sans vraiment s’accrocher à l’une de peur de perdre les autres. Il suit et copie souvent le personnage le plus dominant autour de lui, qui peut parfois être tout à fait imaginaire, ou au contraire bien réel : une meilleure amie peut-être, qui elle dispose de beaucoup plus de talents au niveau de l’aptitude à discuter sans dégainer un sarcasme plus vite que le colt de Lucky Luke.

Certains seront perdus, car j’ai énoncé plus haut que les asociaux n’avaient pas d’amis et je viens de me dédire dans la phrase précédente. Lorsque je l’énonçais, j’exprimais en fait qu’ils ont d’énormes difficultés à s’en faire. La plupart du temps, au lycée surtout, on remarque que nous adaptons nos compagnies pour que les personnes qui nous entourent soient moins loties que nous sur certains plans, financier, affectif, qu’importe. Ne Vous sentez pas coupables et réfléchissez-y, au nombre de fois que vous vous êtes senti(e)s mieux en vous disant que votre situation, bien que grave, ne l’était quand même pas autant que celle de Gertrude, cocufiée par sa propre sœur…C’est humain, ça s’appelle relativiser, et ça ne fait de mal à personne, tout du moins rarement.

Les asociaux ne savent pas relativiser, et cette incapacité fait d’eux des machines à se plaindre, souvent d’un égocentrisme offensant. Obsédés par l’image négative qu’ils croient renvoyer, ils deviennent de vrais moulins à mauvaise humeur, encore plus déprimants que le premier album de Kyo, qui parle pourtant explicitement de suicide dans plus de la moitié des chansons. Autre caractéristique, on peut noter qu’ils sont lunatiques, parfois maladroits, voir pour certains instables. Mal habitués aux contacts, une phrase, un simple regard même peuvent leur faire perdre leur sang-froid, et si vous ajoutez à cela une imagination débordante, ça fait boum : vous lui souriez deux fois dans la même journée et il vous épouse dans son sommeil, et si vous recommencez le lendemain il imagine les noms de vos trois enfants.

Et j’ai bien dit « il »,je sais de quoi je parle.

Si vous avez reconnu des traits de votre personnalité actuelle dans plus de trois des nombreuses caractéristiques citées depuis le début de cet article, appelez le numéro qu’on montre souvent sur Emmanuel tv là, parce qu’il faut qu’on prie sur vous, vous avez un sérieux problème. Si c’est à l’inverse une étape de votre vie que vous avez dépassé, faites-vous plaisir dans les commentaires pour expliquer comment vous vous en êtes sorti, car j’ai cherché sur internet et dans quelques bouquins *merci Dale Carnegie* les solutions proposées, et les résultats furent tellement surprenants, et inutiles aussi, que je me retrouve avec un vide de cinq cents caractères à remplir.

Personnellement, je ne sais pas ce qui m’a sauvé : ma foi donnera toujours la première place à Dieu, mon cœur à la musique et mon bon sens à la jeunette de seconde littéraire de la classe d’à côté, mais je pense manquer légèrement d’objectivité, alors je vais m’arrêter là.

C’était la #Chronique_dAD, et je viens de loin.

Et vous ? Êtes-vous un(e) asocial(e)?

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18 réflexions au sujet de “Êtes-vous un(e) asocial(e)?”

  1. Wow. La fin etait vraiment magnifique. J’avoue m’être un peu reconnu dedans. Tu sais vraiment de quoi tu parles. Dans les dernières lignes j’ai été emporté devant la profondeur de ces mots.

    J’ajouterais peut etre qu’un asocial peut guerir de lui même? En tout cas, bel article.

    J’ajouterais aussi que le début était long et confus. J’ai failli m’arrêter.. (heureusement je suis tétu hein?)

    Bon. Thanks Wabidiboo!

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    1. Noté, ne pas mettre trop longtemps avant d’entrer dans le vif, ok. Et… Oui, en effet asocial c’est pas une maladie, juste un trait de caractère un poussé à l’extrème

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  2. Joli jet …
    J’aime particulièrement le dernier paragraphe (Celui qui commence par « Personnelement ») …
    Ce qui m’a sauvé ? Mon côté Skyzo … L’aide droite a fini par étrangler l’aile gauche asocial … Mais l’aile gauche avant de s’éteindre à proposer un compromis … Du coup , maintenant il y a cohabitation pacifique … Enfin presque …

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    1. Tu veux dire que tu as des ailes? comme celles qui manquent à ma faute d’orthographe? J’aimerais bien savoir quels sont les termes de cet accord entre un asocial et un ange capitaliste *tu as dit aile droite*

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    2. Aux dernières nouvelles …
      L’asocial fait le ménage et garde la baraque dans les CNTP (Conditions normales de température et de pression) …
      L’autre tapote son épaule, sourire de coin en demandant le temoin, quand il faut entretenir une conversation qui va plus loin que « how ? » , ou que le rythme cardiaque semble être un peu saccadé ….

      Et tout le monde est plus ou moins content 🙂 ..

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  3. la resilience… la faculté -rare- qu’on certains a se reparer tout seuls, d’une enfance massacrée le plus souvent; le resilient fait feu de tout bois: une belle amitié, une histoire d amour, Dieu, le basket…en général il attire les personnes qui ont besoin d etre portées ( le syndrome du saint-bernard) mais il a peut-etre une petite propension a blesser les siens (il ne mesure pas sa force mais, wabidiboo! ceci est l’objet d’un autre debat…)

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  4. Je dois être une version mutante de la marginale et l’asociale…
    La norme je ne la côtoie pas car je me dis tout ça ce n’est qu’une question de point de vue… J’ai le contact facile, mais je déteste la foule, le trop plein de monde qui s’émoustille derrière un « common interest » …
    Lunatique c’est tout moi, j’avoue n’avoir pas encore trouver de solution vu qu’en fait j’ai pas besoin d’une raison pour être de mauvais poil, ça me tombe dessus parfois… Et rien ne m’horripile que de prétendre que tout va bien dans ces cas là alors j’y vais à fond la caisse dans le  » ne me faites pas chier… »
    Comment je le vis au quotidien, je surfes dans ma bulle, je m’autorise des incartades sociales la plupart du temps avec des marginaux comme moi (pas trop longtemps j’ai vite la sensation moutons d’un même troupeau) mais surtout je me focalise sur mon bien être et l’amour de moi même… ouais ouais je m’aimes t’as pas idée et je m’en fous si les autres m’aiment pas, bon s’ils m’aiment c’est pas mauvais mais j’aime pas les effusions de sentiments ça fait nunuche…
    J’arrête là je parlotte déjà trop…

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  5. Alors??? je me suis reconnue dans ton article. Je me définis moi-meme coe une asociale et mes amis aussi. je prends plus de plaisir à discuter avec les gens, à écrire, à bloguer mais dans la vraie vie je peine à me faire des amis. et je préfère rester à l’écart.
    je ne sais pas faire le premier pas et je suis très mal à laise en face de personne que je ne connais pas….

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    1. FRanchement tous les jours je me lève en me disant que je vais y remédier.Mais malgré toute la volonté du monde je n’y arrive et devene c’est quoi le comble? je suis chargée de communication

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