Ce que vous avez oublié quand vous prépariez la rentrée


Les banquiers proposant des crédits se frottent les mains, les parents battent des records d’assiduité dans les tontines, les maisons sentent  bon le neuf ou le poteau de revente de livre.

Oui: c’est la rentrée, et j’ai utilisé cette introduction clichée parce qu’apparement quand c’est la rentrée, l’originalité sort par la fenêtre. Tout le monde fait pareil, et il semblerait que personne n’y voit aucun soucis.

Tous les journaux gardent un petit espace pour parler de la fermeture des écoles clandestines, les publicitaires exploitent éhontément les enfants de leurs cousines *oui votre secret est révélé* pour accompagner leur slogan.

Oui, « leur slogan », car c’est toujours le même: « c’est la rentrée », point barre. Un taux d’intérêt en gros caractère, un gosse tout content *comme si les enfants était souvent contents d’aller à l’école*, un « c’est la rentrée » en bas, et puis voilà sa part de pub là bas, comme dirait Sandrine, ma cousine.

Sandrine est dans le Ndem, ce qui signifie pour les non-camerounais *on sait jamais* que Sandrine est dans une m*rde si grosse qu’elle pourrait s’y noyer. Ses deux enfants vont au collège maintenant, et si c’est une bonne nouvelle à priori, c’est aussi et surtout deux sacs, deux pensions, au moins quatre tenues et deux fois plus de cahiers à acheter, alors voilà, Sandrine va exploiter les réunions et les établissements de micro-crédit, parce que son restaurant ne tourne pas encore à plein régime.

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Tous les parents sont dans le même pétrin à cette période de l’année, et curieusement, on oublie dans ses calculs la chose à plus importante dont il faut s’occuper quand c’est la rentrée, et les victimes de cet oubli sont toujours les mêmes, sans aucune chance de retourner la situation.

Wabidiboo, c’est la #Chronique_dAD, et aujourd’hui on va parler chaussures.

Oui vous avez bien lu.

Vous ne prendrez peut-être pas au pied de la lettre [HaHa-_-], mais les chaussures sont presque aussi importantes que le cahier de mathématiques lorsque l’on est un jeune collégien, car, avec le sac, ce sont les seuls éléments permettant de faire la différence avec les autres élèves, à cause du symbolique calvaire de la tenue.

De ce fait, qu’ils en soient conscients ou non, nos enfants, par leurs chaussures, montrent qui ils sont, et surtout quelle place ils doivent occuper dans la hiérarchie sociale de la cour et des couloirs, et les parents n’y réfléchissent pas toujours lorsqu’ils investissent dans le carton de cahiers de 288 pages.

Oui, tout le monde pense pareil, ce sont des futilités, et vous avez raison. Après, quand on grandit, on se rend compte que ça n’avait pas d’importance, et que les moqueries des gosses pré-puberts ne sont pas bien méchantes.

Après, pas pendant. Pour certains enfants avoir une mauvaise image devient comme une deuxième peau qui les suit et pourrit leur existence, littéralement.

Bien sûr le coup de l’unique paire de « Sebago » en début d’année, j’imagine bien que nous n’y avons pas tous eu droit bien sûr, mais d’une manière ou d’une autre, nous faisons partie du jeu:

Nous sommes peut-être les papas oublieux, qui ignorent l’importance de jolies
« Converses » roses pour la petite Cathy en classe de troisième, mais ses camarades ne se lasseront pas de ponctuer leurs repas de midi avec les commentaires un peu acides ou carrément méchants, donc sortons les sous, mais pas trop, parce que les Louboutins ne sont pas une très bonne idée non plus à moins de vouloir assister à un re-make de Gossip Girl à l’africaine.

Mamans, oui je sais vous n’avez pas toujours les moyens, Mais par pitié. Apprenez lui à porter des chaussettes et à nettoyer ses chaussures en rentrant, parce que si vous ne le faites pas, le rigolo de la classe s’en occupera le jour où l’aiguille de son insultomètre indiquera votre fils, et croyez moi: un jour où l’autre, à un moment où à un autre, elle pointera sur votre fils.

Quant à vous, chers collégiens, il ne fait pas de doute que vous appartenez soit au camp des sans chaussures, soit à celui des persécuteurs, comme acteur, simple moqueur, ou observateur.

Si vous êtes du camp des sans chaussures, je n’ai rien à dire à part…

Tiens le coup gars. Bon courage.

Si vous êtes un persécuteur, faites un acte de cœur: emballez une de vos paires, pas forcément la préférée mais une bonne quand même, et mettez là dans le casier du persécuté. S’il le sait il dira une c*nnerie du style « je veux pas de ta pitié » alors ne pas lui montrer serait le mieux, et surtout surtout… Attendez je l’écris en gros caractère:

Surtout

Ne dites pas à vos amis que vous l’avez fait. Vos parents, ses parents et Dieu sauront que vous êtes quelqu’un de gentil, et vous apprécierez cette sensation de supériorité que vous aurez sur lui, Ce sera une récompense suffisante.

Hâ, oui, avant que je ne clôture l’article, un dernier petit conseil pour tout le monde:

PAS. DE. PIEDS. NUS. Pardon. Please. Abeg. Sooon. La paire de allstars *voir photo* coûte 3500 prix taxé dans tous les grands marchés, même en temps de crise, alors faites un effort.

C’était la #Chronique_dAD, et dites moi: de quel côté étiez-vous? Persécuteur, persécuté, observateur anonyme?

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