Excuses publiques

Wabidiboo, c’est la chronique d’Ad, ça fait maintenant trois mois que je n’ai rien publié. Je vous dois, pour cela, indubitablement, des excuses, des explications et des promesses. Dans cet ordre. Mais ne vous inquiétez pas, le sujet va vous concerner si vous aussi vous avez des travaux sur le feu que vous laissez chômer.

« Tu ne nous a pas respecté ». C’est la phrase qu’une lectrice assidue a prononcé devant moi, après qu’elle eût été irritée par mon absence de publications. Pas un article depuis trois mois. Au début, aux premières semaines, elle disait juste « ça va aller », et puis comme il me manquait le bon matériel, la connexion, plusieurs autres éléments… Ça a fini par tomber.

1-Des excuses

« Il vaut mieux donner des réponses plutôt que des excuses ». Cet adage signifie qu’il vaut mieux, lorsqu’on gère un projet, annoncer d’avance ses limites plutôt que de frustrer son public avec des bavardages inutiles après que le mal soit fait. Il aurait suffit d’un article d’excuses un peu comme celui-ci. Malheureusement, nous avons souvent tendance à nous justifier après coup, plutôt qu’avant. 

C’est une très fâcheuse habitude, surtout dans les contextes africains. Le mieux est toujours d’informer avant, et justement, j’aurais dû vous informer de mon absence de cette plateforme digitale, au lieu de vous mettre face aux faits. Pour cela, pardon. Ceci dit, une personne ayant des résultats attendus doit quand même fournir des réponses en cas de non atteinte des objectifs, vous les aurez.

2-Des explications

Le temps. Toujours. Selon un sondage AfroBloggers sur Twitter la ressource la plus sollicitée pour écrire c’est le temps.

Je pense que c’est faux. J’en suis même certain. Bien sûr dans certains cas le temps peut vraiment être un élément incapacitant, mais je reste convaincu que dans l’accomplissement de nos projets, la ressource la plus sollicitée c’est la motivation, elle même dépendant de la vision qu’on a de nos projets. 

Je m’étais engagé à produire au moins deux chroniques mensuelles, une d’humour et une un peu plus sérieuse. Malheureusement une pression venant de je ne sais où me motiva à essayer de publier hebdomadairement, je commis l’erreur fatale: Mon rythme habituel devenant difficile à tenir je commençais à baisser volontairement la qualité de mes articles et à publier sur tout et n’importe quoi juste pour tenir les délais. La technique étant inefficace, je fus atteint du syndrôme d’Antoine Daniel: je stressais plus à chaque nouvelle publication, cherchant à la rendre meilleure que la précédente. 

Consequence évidente, j’arrivai à un point fatidique de non retour, la page blanche. C’est à ce moment que, souhaitant tout arrêter, je publiai l’article « la fin(?) de la chronique » que je voulais voir comme la fin de mon aventure blogique. Un truc de fan de Diam’s. Son dernier album est son meilleur, et la dernière chanson est la meilleure de l’album. C’est ce qu’on appelle le talent. 

Bref.

3-Des promesses

Je reviens. Après une pause de trois mois au cours desquels j’ai pu écrire pour TechOfAfrica en tant que chroniqueur, après trois mois au cours desquels j’ai pu accroitre la présence de la communauté dont je suis le représentant Afrique francophone, @afrobloggers, après trois mois de lectures, d’audios et de vidéos sur les start up et l’économie numérique. 

Je renoue donc avec mon rythme de base, c’est à dire deux articles par mois: un article court orienté humour, une chronique plus longue traitant du comportement social africain vu sur et à travers les réseaux sociaux. Bien sûr, de temps en temps, vous pourrez trouver ça et là des shotssur quelques actualités. Evidemment, parce que tel est mon nindo, la personne qui aura le plus la parole, ce sera celle qui sera derrière son écran actuellement à lire ces lignes. 

Mon but, avec ce blog, n’est pas vraiment d’écrire, c’est de donner la parole à ceux qui veulent parler, mais n’ont pas de plateforme pour le faire. Vous êtes les auteurs, je ne suis que le micro. 

La nécessité des communautés digitales

La volonté de créer un impact réel et pérenne dans le domaine digital a une relation directe avec le concept de communautés, quelque soient ses angles, marketing, technique ou citoyen. D’un autre coté, les opportunités des nouveaux systèmes de communication rendent plus faciles l’élaboration et la mise en place de ces communautés. Petite explication du concept.

Communautés, tentative de description d’une nécessité sociale.

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« Je me suis arrêté à The Fray »

Lorsque j’étais ado, Patty, une de mes muses, m’avait offert une compilation CD de  plusieurs chansons de son univers musical. Il s’agissait de divers groupes de musique pop-rock en vogue à l’époque. 

J’y avais découvert entre autres Nickelback, que Patty avait mis juste pour que je « sache ce qu’est la musique sans intérêt ». Je découvrais aussi dans cette compilation « The script » avec leur talent incomparable pour les histoires de rupture et enfin, « The Fray », La totalité de l’album du même nom.

En apprenant leur foi, L’une de leurs chansons est devenue ma préférée :

« How to save a life » The Fray

J’exagère peut-être, mais cette compil a presque changé ma vie, ma manière de voir la réalité, ma manière d’apprécier la musique, l’existence en général. Surtout, je fus plus proche que jamais de Patty, découvrant par le même temps les joies d’une amitié sincère. 

Plus tard, quand elle est rentrée de sa première année de fac à l’étranger, ses goûts musicaux avaient changé. De nouveaux groupes hantaient ses lecteurs, son disque dur était rempli de titres complexes et indescriptibles. Du jazz-fusion expérimental, de la funk pop rétro-futuriste, Patty a toujours été dans le futur. Naturellement, l’inévitable se produisit: je découvris qu’avec le temps ses goûts musicaux, ses intérêts avaient changé. Pas les miens. 

Je n’ai jamais cessé d’aimer The Fray.

Certaines personnes peuvent avoir cet effet sur nos vies, celui d’amener à vous la lumière, puis repartir en la laissant briller dans vos coeurs. Ce n’est pas un hasard si l’Homme fais partie des rares animaux à ne pas être independant avant plus de dix huit ans, voire plus depuis que « finir ses études » est devenu un concept flou comme la vue du père castor sans ses lunettes. 

Nous sommes conçus pour être influencés par ceux qui nous entourent. Je pense même que les seules vraies décisions que nous prenons concernent ceux que nous choisirons pour nous influencer, le reste appartient à la mécanique de la vie. 

Patty n’était pas particulièrement proche de moi à cette époque et ne savait probablement pas quel impact son geste pourrait avoir sur ma vie. Ce n’était probablement pas prémédité, sa décision de partager avec moi ses découvertes, ses passions. Elle livrait quelque part une partie de son identité et je trouve très courageux ceux qui accomplissent ce genre d’actes. 

Je ne pense pas que je pourrais personnellement me livrer ainsi pour qui que ce soit, mais certains blogueurs que je connais le font. D’ailleurs nous pourrons le voir au prochain Bloggers Forum, qui aura lieu du 7 au 8 octobre 2016, donc demain.

C’est une initiative ambitieuse de jeunes blogueurs camerounais ou étrangers, un rassemblement ayant pour buts la promotion des blogueurs et de leurs actions, la réflexion autour de leur impact au quotidien et une sensibilisation de l’intérêt public pour l’activité du blogging. Ainsi vous n’avez pas forcement besoin d’être vous même blogueurs pour participer, puisque de toutes manières, si vous tenez un compte facebook ou SnapChat, vous bloggez déjà. 

Pour avoir déjà été à la dernière edition de l’événement, je peux assurer que le déplacement vaut la peine, surtout que l’édition de cette année est gratuite et je ne suis pas sûr que ce sera le cas tous les ans, vus les investissements en temps et en énergie nécessaires.

Vous pourrez lire un bref résumé de l’édition précédente du bloggers forum et prendre plus d’informations auprès des liens ici ou en cliquant sur l’image, et si vous ne vous trouvez pas sur le territoire camerounais vous pourrez suivre tous les ateliers en direct via les comptes Twitter et facebook inscrits sur l’affiche, ainsi que via le htag #blogforumdouala.

C’était la Chronique d’Ad, et moi je vais écouter The Fray 🙂

Vous devriez changer votre mot de passe Yahoo!

Le géant du Web américain Yahoo! a annoncé via un communiqué de presse qu’un nombre assez important de ses mots comptes avaient été piratés, ce depuis… 2014.

L’information provient d’un article de Presse-Citron qui fait état de ce qu’une entité aurait piraté près de 500 millions de comptes Yahoo! prenant ainsi des noms, numéros de téléphones, mots de passe. Les utilisateurs sont donc encouragés à changer leurs mots de passe, surtout si ceux-ci datent de plus longtemps que 2014.
En outre, il vaudrait mieux changer les mots de passe de toutes vos plateformes, si vous êtes du genre à utiliser le même pour tous vos réseaux. 

Tentative de description de la solitude

14259.jpgWabidiboo, c’est la chronique d’Ad, et J’ai souhaité parler de la solitude. Dans les années 70 il y a cette chanson populaire,  « Patrick je t’aime », si belle que les jeunes filles de cette époque ont, Comme par conditionnement pavlovien, appelé leurs enfants « Patrick », « Patou » et tous les dérivés.

Cette intro tirée par les cheveux permet d’accueillir mes trois invités, Patty, Patrick et Patou. On aurait pu commencer par là, mais c’aurait été moins poétique. Here we go.

*Jingle: « Look where we are » Hoobastank*

Patty. Solitaire.

Patty est une solitaire spirituelle, même si en pratique je l’ai toujours vue avoir de la compagnie. Elle est du genre à sortir pour rien, être avec des gens et revenir, sans que cela n’ait eu le moindre effet sur sa nature, sur sa vie. Patty est un canard social. Les interactions émotionnelles glissent sur elle comme de l’eau sur la peau de Daffy Duck. Même dans ses moments de doute les plus troublants, elle attend systématiquement soit d’avoir surmonté le problème, soit d’être complètement dépassée par les événements avant de demander de l’aide. Pas systématiquement quand même. Bref.

On pourrait considérer une telle attitude comme une grosse démonstration d’égo, mais ce serait ignorer un aspect particulier de la nature de Patty. Patty est une solitaire. Tout simplement. L’émotion qui la caractérise le plus, c’est l’ennui, un ennui permanent, encombrant mais tellement attachant qu’elle ne fait pas, ou plus d’effort pour le combattre. Au début, elle était jeune et avait des « proches« . Se sentant coupable de sa solitude elle fit des efforts mais avec le temps, la distance, les factures, elle ne fait même plus semblant. Elle aurait probablement été une de ces célibataires styles « longs crayons » endurcies et indépendantes auxquelles aucun parent africain sensé ne veut que son enfant ressemble, elle a rencontré sa « moitié », du coup elle est toujours solitaire, mais accompagnée.

Patrick, isolé.

Patrick, lui n’est pas solitaire. Simplement, il préfère être seul que mal accompagné, et même s’il n’a pas grand à partager avec ses « amis » , il en a. Pour passer le temps. Patrick ne se contente pas de vivre ou de penser ses ambitions sans jamais mettre le pied dedans non. Il vit comme dans une bulle identitaire dans laquelle ses repères sont d’une stabilité à toute épreuve. Genre Même ses doutes ont confiance en eux. Patrick est isolé, fait du sport, bachote ses cours, rase sa barbe tous les dimanches à 18 heures pétantes(-_-), remet ses devoirs à l’heure, et boit de temps en temps, quoique jamais assez pour être HS. Il est juste isolé. Tout simplement, avec tout ce que ça comporte de charisme et de charme, même si paradoxalement il n’est pas très doué avec la gente féminine.

Faut croire que le coup du James Bond mystérieux ne fait plus craquer les filles depuis la crise de 2008.

Patou: asocial.

Patou, contrairement à Patty, n’est pas un solitaire. Il a des problèmes, il a fréquemment besoin d’aide, il demande fréquemment de l’aide. Patou n’est pas non plus un isolé comme Patrick, et même si ce n’est pas le gars qui va t’appeler pour te demander comment tu vas un matin, vous pourrez avoir, si vous vous croisez, une petite conversation tranquille, sans inquiétude. Simplement, Patou est tourmenté. Déchiré, pété dans sa tête. Je ne sais quel drame psychologique il a connu, mais ça l’a complètement changé.

C’est vrai qu’il a toujours été d’un naturel timide mais à un moment, après le bac je pense, il s’est brusquement refermé. Et je sens parfois que ça le ronge, mais il augmente le volume plus fort dans ces cas là je crois. Les écouteurs volume à fond sont souvent un indicateur de ce que le monde qui nous entoure ne nous plaît pas. Ceci dit, Patou, Contrairement à Patrick a quelqu’un dans sa vie depuis longtemps. C’est l’argent qui manque pour faire les « les presentations », cette tradition qui constitue le début de nos mariages.

Et vous?

Ces trois archétypes vivent leurs solitudes de manières différentes. Ces trois archétypes ne sont pas les seuls, et il doit y avoir au moins autant de manieres de vivre la solitude que de manières de vivre tout court. Un panda que je connais disait que la solitude était la seule compagne qui ne decevrait jamais. Mais comment s’en débarasser? Quel rituel musical, poétique, éthéré, alcoolique ou illicite vous fait « oublier les soucis« ?

En fait, il paraît qu’on passe du temps avec les gens pour oublier à quel point nous sommes isolés de la société. On sort avec « les potes » pour oublier qu’à la maison Papa va Encore nous insulter et nous traiter de moins que rien, on passe des heures au téléphone à ressasser des malheurs passés, qu’on aurait tôt fait de résoudre dans l’instant. On socialise, on snappe, on vine, pour oublier à quel point nous sommes seuls au fond.

Vu comment les bars les églises et les réseaux sociaux se remplissent et prospèrent, la preuve est faite que l’humanité toute entière, notre humanité en particulier, se sentent terriblement, désespérément, mais peut-être pas irrémédiablement seules.

Pour ma part, je ne le suis plus.Je prie, J’écoute « The Fray », j’écris un article, et je me relève des griffes de la solitude comme Lazare de celles de la mort. Avec un générique de diiingue s’il vous plaît.

C’était la Chronique d’Ad. Et vous? Comment vivez vous la solitude?